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I'm not in love but I'm gonna fuck you till somebody better comes along { Ren ♥



 
LA V2 EST ENFIN LA..HIP HIP HIP HOURRA ♪(ノ´∀`*)ノ DE NOUVELLES SURPRISES VOUS ATTENDENT. ~
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 I'm not in love but I'm gonna fuck you till somebody better comes along { Ren ♥

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Nao H. Sanada
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MessageSujet: I'm not in love but I'm gonna fuck you till somebody better comes along { Ren ♥   Dim 2 Oct - 14:43

« Elle s’appelle Ren. »
« Et ? »
« Et c’est tout. Vous verrez bien. »

Ses yeux s’égarent sur son bureau, comme on redécouvrirait un paysage connu. Les contours lui semblent comme floués par les ans, comme s’il y avait une marque indélébile apposée sur chaque surface. Un cri de souffrance peint sur un fauteuil. Un souffle d’horreur s’éparpillant sur une table basse. Un relief de peine s’incrustant sur la porte en bois sombre. Comme si toute la vie qui s’était écoulée dans ce lieu avait érodé chaque objet, avait recouvert de sa poussière sanglante ce qu’il pouvait y avoir de pur et de neutre dans cette pièce à la luminosité débordante. Douloureuse.

Tu tires une bouffée de cigarette, un sourire désabusé aux lèvres. C’est toute l’identité que ce lieu peut avoir. Sinon, il n’y a rien, le vide, le néant et ce que tu as pu faire, ce que tu entends encore, les voix brisées, les quelques larmes, les soupirs, les plaintes, douleurs, plaisirs, les corps qui s’emboitent, se font mal, les peaux qui s’effleurent, les reproches, tout, il ne reste que ça, tu les revois et ça te fait du bien, ça te fait du mal. Tu voudrais ne plus les voir, tu voudrais ne plus les entendre, parfois, ces voix, ce qui te ramène à avant mais tu sais bien qu’ici, plus qu’ailleurs, il y a tout ton univers qui se concentre en bribes de souvenirs transis, qui tombent comme la rosée du matin et étouffant peu à peu l’air pur qui pourrait s’y infiltrer. C’est comme cette fumée de cigarette, ça permet de sauver les apparences. De la poudre aux yeux, le décor planté là pour cacher ce qui échappe au contrôle, une perfection factice pour te permettre de respirer. Vraiment.

Il étouffe un grognement irrité, soudain impatient. Il aime la nouveauté. Il aime savoir qu’il peut avoir sous sa coupe une nouvelle âme à damner, un nouveau souffle à briser, un nouveau corps à soumettre. C’est comme un frisson qui court sur sa peau, une attente doucereuse et belle qui fait briller son œil visible. C’est là tout son monde, c’est là sa plus belle arme. C’est là sa réussite, le moyen le plus abject et le plus tendre qu’il ait trouvé pour voir, vraiment, ce qui se trame, pour chercher, trouver, traquer. L’abomination tapie. La peur, la faiblesse, tout ce qui échappe aux lumières de la ville pour se fondre dans l’obscurité du désespoir. Tokyo est riche de peines et de malheurs. Il veut amasser ce trésor, le faire sien, le faire leur, pour leur offrir sur un plateau d’argent une déchéance prête à tomber.

Tu en as vus passer, des individus mal dans leur peau, des gens perdus, incapable de s’assumer, incapable de se trouver, incapable de vraiment se mettre une balle dans la tête pour en finir. Tu essaies de les comprendre, à ta manière. Ils ne veulent pourtant pas la vérité, non non. Souvent, tu t’en amuses parce qu’ils ont besoin de mensonge, de paroles stupides et pourtant, elles ne leur suffisent jamais et c’est ce que tu aimes, c’est ce qui te fait vibrer, parce qu’ils ne savent pas réellement ce qu’ils veulent et au fond, ils sont les plus honnêtes. Les autres ont beau courir, se croire confiants, se croient prêts, ils sont aveugles, ils étouffent leurs peurs et ils se mentent, c’est si faux, si faux et c’est ce qui te fait sentir si désabusé et si blasé, au fond. Les gens que tu vois défilés sont les plus sensés et les plus vrais, au fond. Même si tu veux les briser, même si tu veux dévoiler leurs faiblesses, même si tu veux qu’ils t’appartiennent, qu’ils ne vivent que par cette vérité que toi seul croit détenir.

Un bruit. Il lève son regard vers la porte, écrase sa cigarette dans le cendrier posé sur la petite table et se lève.

« Entrez. »

Il dit entrez comme on dirait bienvenue en enfer. Il dit entrez comme il dirait on est tous perdants, au final. Il dit entrez comme on dirait les jeux sont faits et on va tous y laisser notre peau. Nos os, notre âme déjà pourrie.
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Ren Kimyona
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MessageSujet: Re: I'm not in love but I'm gonna fuck you till somebody better comes along { Ren ♥   Jeu 6 Oct - 1:29

you're a lucky boy, 'cause today is not my day ¶

    - Si tu savais le nombre d'ambulances qui passe ici chaque jour. Elles remontent en trombe toute la longueur de la rue, et puis la redescendent quelques minutes plus tard, déguisées en morgue. Silencieuses. Elles éteignent leurs lumières. Et personne ne se tait. Personne ne s'arrête. Personne n'a entendu les cris.
    - Et tu crois que...
    - Oh non, je ne crois rien, Wil. Je ne crois rien.
    - Tu les entends ?
    - Parce que tu ne les entends pas ?
    - Je n'écoute pas.
    - Le monde est cruel. C'est pour ça qu'on se tue à petit feu. C'est pour ça qu'on prend ces merdes. Wil. C'est pour ne pas entendre. Pas pour ne pas écouter.
    - Ren.
    - Quoi ?
    - J'voulais te demander, Ren. Tu n'appelleras pas l'ambulance ?
    - Ne t'en fait pas. J'vais pas bousiller tes dernières chances de bonheur. Je suis pas aussi mauvaise.
    - Hhm.
    - Et puis, tu feras ça bien proprement. Et pas chez nous, parce que Shin va encore gueuler. Et je t'assure que je serais pas en état de supporter Shin gueuler...


      ***

    Méthodique. On se lève. Ouvre les yeux après avoir posé nos deux pieds fermement au sol. Et on recommence à respirer. Doucement. Inspirer. Expirer. Les mouvements sont lents. Surtout, ne pas brusquer la machine. Les mêmes mouvements un million de fois. Encore encore et encore. On pose nos mains sur notre peau fine. On n'a pas dormis de la nuit. C'est habituel. Mais on reste couché tout de même. Pour la forme. Pour la contenance. Pour l'illusion. Pour quelque chose. N'importe quoi. Au moins deux fois dans la semaine, faire semblant, comme le ferait un enfant. Faire semblant de dormir. Faire semblant de rêver. Faire semblant de travailler. Faire semblant de sourire. Faire semblant de respirer. Faire semblant d'aimer. Faire semblant de vivre. Toujours encore et encore. Onirique. Elle descend ses doigts pâles sur ses lèvres. Les fends lorsqu'elle atterri sur son menton. Et puis les laisse tomber dans le vide. Soupire. Garder les yeux ouverts, c'est le plus important. Et c'est spécifiquement ce qu'elle s'acharne à faire. Il faut se lever à présent. Un. Deux. Trois. Et lorsqu'elle se soulève elle a l'impression que tout le monde tourne autour d'elle. Elle a envie de vomir. Elle a envie de crier. Elle a envie d'exploser. Pourtant, il suffit de... Un. Deux. Trois. Souffle, encore. Elle comprime son air, respire. Fait rentrer l’oxygène dans ses poumons abîmés. Et la voilà sur pieds par miracle. Elle titube. Pourtant. Mais ça va. Ca peut aller. Elle fait de nouveaux pas maladroits. Tout son corps est pris de tremblements désagréables. Entêtant. Elle va tomber, mais elle se retient. Doucement. Attend quelques secondes, ou quelques minutes, elle n'en a aucune idée. Et personne n'est là pour lui servir de repère dans cette immense pièce froide. Elle s'entête. Ne lâche pas prise. Ne ferme pas les yeux et retient sa respiration quelques secondes. S'étonne à laisser son esprit divaguer avant de le ramener violemment à la réalité. Ses points se crispent. Ses ongles saignent sa peau d'albâtre. Elle ravale sa salive avec difficulté ; même cette simple action suffit à la faire souffrir atrocement. Elle respire. Tout de même. Sa gorge est sèche. Sa tête tourne. Ses articulations lui brûlent. Au moindre mouvement, elle a l'impression de sentir ses membres se désintégrer. Sa poitrine se compresse. Elle se sent lourde mais à deux doit de se briser au moindre choc. Elle a mal. Affreusement. Mais elle a l'habitude. Il suffit d'attendre. Juste. Attendre. Ca va aller. Ca… ça va aller. Ce n’est pas une épreuve. Non, ce n'est pas une épreuve. Ce n'est pas une épreuve. Pas si on en décide du contraire.

    Il suffit de…
    Non. Oublie. Oublie. Pas pour toi.


    « Je suis désolée. Vraiment désolée.
    Je te demande pardon ?
    Non, c’est moi qui demande pardon.
    Attend. Deux secondes. Parce que tu es sérieuse ?
    Hm. Plus maintenant. Laisse tomber.
    Ah. Tu m’as fait peur. »


    Ouais, on essaie d’aller mieux. On se soigne, comme on peut, mais on se soigne quand même. On fait pas attention aux recommendations des journaux. Et les Mères, ça n’existe plus depuis longtemps. Ou ça pleure. Toujours. C’est la désillusion. On a pas grandis comme il le faudrait. Comme ils aimeraient. Dommage. C’est aussi de leur faute si on est dans cette merde. Mais ça, personne ne le dit. Non. Excusez-moi, on a mal tourné. C’est vrai. On était des gamins difficiles, et ce, dès la naissance. Dès la naissance, on brûlait nos doudous, arrachait les barreaux de nos landaus, mordait jusqu’au sang les seins de nos Mères et ont hurlait si on avait pas notre dose d’ecstasy dans notre biberon. Ouais, on était comme ça à ces âges là. On était des gosses à problème. C’est génétique, les parents, ils n’y peuvent rien. Et personne n’y peut rien, à vrai dire. Malchance biologique. Et puisqu’on peut pas nous soigner, eh bien, on se soigne seuls, aves ce qui nous tombe sous la main. C’est mal, ouais, on le sait, vous en faites pas. On le sait. Et puis, on en a pas besoin de vos fausses considérations. De vos faux élans de pitié. De condescendance plutôt ! On vous l’assure. On est des putains de voyous, des drogués en marges de la société. Et ça nous plait. C’est comme ça. Ouais, c’est vrai, on fait rouler quelques têtes. On fait cramer quelques maisons. Et puis, on vole un peu d’argent de temps en temps à l’Etat, mais c’est super rare, on vous le promet. Pour jurer, on a besoin de la main droite non ? Oubliez, oubliez.

    On marche. On ne sait pas où on va, peut-être ne l’a-t-on jamais vraiment su. Un pas. Deux. Trois. Dans la neige. Il fait froid. C’est indéniable. Il fait affreusement froid. Nos os en trembleraient presque. Juste la mauvaise fréquence et ils se briseraient. Tous. Sans exception. Notre corps entier exploserait en une douce déflagration. S’éclaterait comme une boule de Noël s’éclaterait au sol. De milliers de fragments épars. Poussière fine et autre débris hétérogènes. Partout dans notre corps. Se figeant partout dans notre chair. Nous saignant de l’intérieur. Et ceux qui sortiraient de leur cage. Et ceux qui se contenteraient de transpercer l’épiderme. Et la peau qui s’effondrerait. Le sang et la graisse qui se mélangerait dans la neige. Les liquides déf…
    Hum. C’est littéralement dégueulasse.
    Sait-on jamais. Après ce qui nous attend aujourd’hui. Ca ne serait pas plus mal. Finalement.

    Elle laisse d’énormes traces dans la neige. A ses pieds, une paire de bottes clinquantes, flambant neuve. Elle avale un râle. Passe sa clope à ses lèvres et respire. Recrache. Puis l’abandonne dans la neige. La neige qui fond et se referme sur son corps rougeoyant. Elle l’écrase de ses imposantes chaussures. Un coup, deux. Reste immobile un instant. Elle sent son sang refluer doucement dans ses artères. Elle ne se sent pas bien, mais ça va aller. Elle tousse. Ferme les yeux. Passe la main à son visage blanc. Lève la tête et laisse s’échapper la fumée. Ca va aller. Putain, ouais. Ca va aller.

      Au lieu de me réchauffer, tu me frigorifies le cœur. Je pleure devant toi, mais tu ne me vois pas. Tu ne m'entends pas. Je suis là, et tu es ailleurs. Tu ne me vois pas. Tu ne me sens pas. Tu ne me touches pas. Tu ne me goûtes pas. Au lieu de m’irradier, tu me gèles le cœur. Je pleure, mais tu ne le sais pas. Je pleure, et tu ne le vois pas. Tu n’en as pas idée. Tu n’en sais rien. Tu ne me vois pas. Ne me sens pas. Ne me goûtes pas. Et tes silences m’explosent le cœur. Tu avais ton canon braqué si longtemps sur ma tempe. Pourquoi n’as-tu pas tiré ? Pourquoi ? Pourquoi… ?

    Deux pas de plus. On arrive devant la porte. De ses lèvres s’échappent quelques volutes de fumée. On ferme les yeux un instant. Pose nos mains gelées sur la poignée de fonde. On respire. Encore ce râle discret, toujours. Déclique. La colère prend le dessus. On se redresse incroyablement. Relève le menton. Non, ça ne se passera pas comme ça. Du tout. Elle frappe trois coups secs grâce au loqué. On lui ouvre. Elle ne se présente pas. Elle n’attend pas dans la salle d’attende. Elle fait de grand pas pour traverser l’immense hall d’entrée. Il fait aussi froid qu’à l’extérieur, à moins que ce ne soit son corps qui ne pourra plus jamais se réchauffer. Plus elle avance et plus les lignes fuient. Plus elle avance et plus les couleurs se fond éclatante. Elle a mal au crâne. Elle marche, encore et toujours. Le temps se suspens. Puis s’arrête. Brutalement. Un encadrement de porte. Noir. Sa poitrine recommence à lui brûler le cœur. Sa gorge se serre de nouveau. L’air s’engouffrant dans sa gorge se métamorphose en cendre. Elle pose ses mains sur le bois de la porte et…


    « Entrez. »

    J’y crois pas. Nan, c’est franchement pas possible. Comment j’ai fait pour être aussi conne. C’est pourtant pas si compliqué, non. Merde ! Un peu de cran. NON. C’est pas compliqué, juste trois lettres à prononcer. C’est pas compliqué de prendre la porte. C’est pas compliqué de tout foutre en l’air, parce qu’il était simplement impensable qu’on se réduise à ce genre de petits jeux bidons. Mais, merde, c’est la deuxième fois. J’lui avais pourtant crié que c’était difficile pour moi. Qu’ils me revenaient trop chers. Tous les deux. Que Wil devait se calmer sur l’ecstasy. Que lui, il prenne un peu en compte notre budget avant de faire ses putains de commandes. Mais non. Il était impossible qu’une autre lampe atterrisse au dernier étage à cause d’une de mes crises de nerf. C’était facile. Etonnement facile. J’en pleurerais presque. Wil me regardait agar. Et puis, Shin s’est mis à sa basse. Je criais, et il n’écoutait pas. Il s’est mis à jouer un des morceaux de The Cure qu’on ne supporte pas tous les deux. Il jouait doucement. Les yeux fermés. Et j’me suis tu. Il ne m’entendait pas. Mais il m’écoutait. Il ne me regardait pas. Mais il me voyait. J’me suis tu. Parce que je savais comment ça allait finir. Et puis, finalement, je l’ai pris, cette porte. Je l’ai pris et le l’ai claqué le plus fort qu’il m’était possible de la claquer. Il y avait derrière ce bout de bois le petit sourire victorieux de Shin et la mine déconfite de Wil. Il ne pouvait en être autrement. Et cette simple idée me rendait furieuse. Furieuse. Encore plus qu’il était concevable de l’être. L’écho de la cage d’escalier résonnait à mesure que ses semelles battaient le sol de pierre, plus pesant encore que d’habitude.

    … pousser. La porte s’ouvre. Dévoilant son corps derrière l’encadrement de la porte. Dévoilant celui d’un jeune homme également. Borgne. Ses pupilles d’argent ne se pose sur rien d’autre que sa peau de porcelaine. S’accrochent au moindre détail. Elle le regarde, cette douleur ne la quittant pas. Et elle reste immobile. Inconsciente, juste devant la porte du cabinet. Elle n’entre pas. Pas physiquement. Elle est déjà à l’intérieur. Ailleurs. Quelque part. Elle observe. Elle a mal. Elle oublie. Elle le regarde. Les traits lisses. Sans bouger. Parce qu’elle en est incapable. Simplement. La tête est sur le point d’exploser. Mon Dieu. Ca ne va plus du tout. Plus du tout.


      [ Her mother said that she couldn't love
      The physical way a woman should
      Then where else could she go?
      Where the sisters and the fathers can't save her soul
      ]

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MessageSujet: Re: I'm not in love but I'm gonna fuck you till somebody better comes along { Ren ♥   Jeu 6 Oct - 20:33

Hey elle est là. Elle est là, tu sais, juste devant toi. Pourquoi tu ne bouges pas ? Pourquoi tu ne t’élances pas ? Tu peux la saisir, tu sais ? Elle n’est pas tombée, pas encore. Elle tient encore debout. C’est là, quelque part, un point d’ancrage, elle tient sur ses jambes vacillantes, elle se soutient comme elle peut même si tu as l’impression qu’elle tremble.
De l’intérieur. Ça fait mal, c’est comme ça et bordel pourquoi tu peux pas bouger, une fois de plus, à la regarder, à l’observer ? Tu sembles boire à même ses traits, te nourrir à même sa peau de sa souffrance et c’est douloureusement beau, ça te crève le cœur, tu en fermes presque ton œil restant, tu voudrais mais tu ne peux pas détacher ton regard, il est fixé, fixé, il s’accroche et tu contemples sa silhouette, il glisse sur son corps, sur son visage, pour admirer, pour assassiner de son asphalte terne tout ce blanc. Aveuglante, elle te brûle les rétines, elle t’en putréfie le cœur et c’est comme un poison que tu bois le sourire aux lèvres, figé.


C’est un moment suspendu. Il croit entendre son souffle se disperser dans la pièce, pour avancer, se heurter au silence, à la monstruosité sous-jacente, c’en est presque obscène parce qu’il en a vu passer, des âmes tourmentées, il a pu effleurer tant d’atrocités, il a pu détruire tant de fragiles équilibres, les soigner mais il reste là, assis à la fixer, sans bouger son corps statufié. Une bouffée de cigarette s’échappe de ses lèvres.

La fumée, la fumée. Tu t’y raccroches, elle forme comme un voile, tes yeux se plissent et tu la vois plus blanche, encore, derrière l’écran et dans ta tête, tu t’avances, tu tends la main, tu l’emmènes, tu ne sais pas où, mais pas ici, pas dans cette pièce qui ne lui va pas, parce qu’elle a pas l’air d’être faite pour rester enfermée quelque part. Tu te dis bêtement que tu veux lui donner un envol mais tu te sens con parce qu’elle n’a surement pas besoin de ça, parce qu’elle veut peut-être simplement crever, le cœur éclaté et la raison déchiquetée. Tu vois trop de chose, à travers elle et en même temps, c’est désolant, c’est beau. Tu as l’impression de recevoir une flèche en plein cœur, un venin qui te bousille de l’intérieur. Elle est blanche. Comme l’arsenic. Sombre, si sombre, l’aura, ce qui s’en échappe et t’as envie de rire, c’est d’un cliché, si bête, si couru d’avance mais tu la laisseras pas partir, cette gamine qui te fait mal au cœur, mal à l’âme. Elle t’écorche par sa simple présence et tu ne comprends pas pourquoi. Elle ne veut pas entrer et tu voudrais pourtant l’y pousser, la forcer à s’arrêter un moment. Sa course folle. C’est tout ce qui reste, là, tout de suite, une pause. Reprendre son souffle, s’arrêter, pour voir un peu l’intérieur déchiré, pour contempler les ruines fumantes.


Hey, Ren, qu’est-ce que tu vois ? Le gouffre ? Tu veux t’y jeter, tête la première ? T’as touché à tout, tu es souillée, non ? Mais pourtant, tu es blanche, tellement, tu as presque l’air pure. C’est indécent Ren.

Ses mains tremblent et il se lève, comme un automate, comme un fantôme. Le regard fixe. Sur elle, un peu plus loin peut-être, lui aussi est enfermé, ne peut pas se sauver et il ne le veut pas. Il a l’impression que ses oreilles brûlent, que son cerveau est en sang. Il y a un cri dans sa tête, il a l’impression qu’il entre par tous les pores de sa peau et ça l’ébrèche, ça fout en l’air son putain de masque, ça met à mal sa sérénité toute travaillée. Il lui en veut parce qu’il s’y attendait peut-être, parce qu’elle l’air brisée, trop fragile et elle est un cataclysme qui gèle et détruit quelque chose en lui. Une tempête de neige, glacée et immaculée.

Hey, Ren, est-ce que tu voudrais mourir ? Te vider de ton sang, le laisser couleur hors de toi, abreuver ce sol qui ne mérite pas que tu le foules ? Laisser ton corps trop pâle se teinter d’écarlate ? Combien de fois as-tu rêvé de te foutre en l’air, de tout oublier ? Je la connais pas ta vie mais te voir, ça me retourne le cœur, tu m’en fais mal physiquement et j’en ai presque la nausée. Ren, Ren, je tombe et je ne veux pas me raccrocher à quoi que ce soit.

T’as presque envie de rire, parce que c’est figé et tu ne sais pas quel mot prononcer, t’as reçu une grande claque en pleine figure et tu sens encore sa chaleur sur ton visage. Tu ne sais pas à quoi t’attendre, tu ne sais rien, tu ne vois rien, t’es vraiment aveugle, tu es resté un con arrogant mais qu’est-ce que ça fait du bien, du mal, d’entrevoir des failles que tu pourras combler, que tu pourras davantage agrandir. Ça s’insinue en toi, cette idée, stupide, de pouvoir l’amener vers toi. Elle a l’air glacée. Elle a besoin qu’on la réchauffe mais c’est pas l’incendie en toi qui pourra l’aider. Toi, tu brûles, tu as toujours été tout feu tout flammes et puis, tu ne sais rien, encore, rien, rien, les mots tracés sur le papier ne suffisent pas, les lettres ne forment qu’un tissu d’inepties. C’est abstrait, encore. Mais quand tu la vois, c’est palpable, c’en presque trop violent et tu voudrais te soustraite à ce tourbillon qui t’envahit. Tu signes ton arrêt de mort, ton arrêt de vie, en même temps que tes lèvres trop pâles semblent former un sourire, que la cigarette te brûle les doigts parce qu’elle s’est consumée sans que tu ne t’en rends compte et ça tombe sur la tapis et ça laissera peut-être une trace et c’est peut-être mieux, tu te le dis et tu la regardes, encore, encore, le visage calme et le regard chaotique, en plein fouillis, comme le voile de couleurs devant tes yeux, tout qui se mélange, ça forme une boue dégueulasse, toute la vie qui s’écoule, c’est immonde tant c’en est coloré alors que Ren est si pâle, a l’air si fragile. Une môme perdue, tu te demandes presque ce qu’elle fait là mais tu la connais, la réponse et tu te dis que ça ne va pas, elle ne peut pas entrer et prendre place sur ce fauteuil, pour sagement te raconter sa vie. T’en as le cœur qui se serre, qui explose, parce que tu ne sais pas ce qu’elle pourrait attendre de toi et que tu as l’impression d’attendre trop de choses d’elle. Même sans la connaitre, même sans les mots qui restent prisonniers de ta gorge, qui ne veulent pas venir à elle, qui refusent de passer l’espace pour la tâcher, cette statue blafarde.

Entre, entre, je te t’ai dit d’entrer, tu sais, tu peux laisser tout derrière toi, je t’oblige à rien, tu peux tout oublier. Simplement t’asseoir, détruire ce que tu veux, te faire tout le mal que tu souhaites, me faire même payer pour être là, pour exister à ce moment à tes côtés, je te laisserai faire ce que tu veux, c’est tout, c’est tout.

Et ça s’enchaine dans sa tête, ça forme une mélodie sourde, le temps passe trop vite, trop mal, ça ne fait même pas que quelques secondes qu’il la fixe et il se dit que c’est une éternité.
Sa main se pose sur une épaule. Fragile. Osseuse. Il en ressent la dureté sous sa paume, la serre, un peu et il a l’impression qu’elle va se briser. Un bras autour du corps fragile, il l’exhorte à entrer, son rire se répercutant dans les murs alors qu’il ferme la porte, qu’il la pousse doucement à l’intérieur.

« Tu es glacée, Ren. »

Tu la forces un peu, tu vois que tout se referme, il n’y a plus que vous deux, vous êtes là et tu restes là, à la fixer, debout, sans lui demander de s’asseoir parce que quelle idée, s’asseoir, elle a l’air déjà si menue et délicate, pourquoi faudrait-il qu’elle ait l’air plus chétive encore, installée dans ce fauteuil qui a recueilli tant de confidences ? C’est ridicule, de toute manière, elle n’a pas sa place ici, pas vraiment et tu cherches dans tes poches ton paquet de cigarette, tu en tires une, l’allume, lui en tends une autre pour l’allumer après. La fumée, elle t’apaise, tu peux sentir l’atmosphère qui devient un peu étouffante mais tu ne peux pas ouvrir la vitre parce que sinon, le froid passerait, parce que sinon, il gèlerait ses os fragiles et elle se briserait.

Ren, que va-t-on faire de toi ? Si tu ne trembles pas, je ne peux pas te toucher, si tu ne tombes pas, je ne peux pas te relever. Si tu ne perds pas, je ne peux pas te sauver.

« Hé, tu peux t’asseoir. Tu n’es pas obligée. Où tu veux. » Il désigne la pièce, son bras s’avance, retombe, c’est faible, il se sent un peu fatigué, un peu confus et ses mots sonnent creux, coulent comme des larmes sur une peau sanglante. Il regarde autour de lui, comme s’il pouvait trouver quelque chose inflammable, pour réchauffer l’atmosphère, pour faire un feu de joie de toute cette douleur. Pour carboniser et brûler tous ces mensonges en même temps et il n’arrive pas à deviner ce qu’il s’imagine et ce qui est vrai, l’impression le démange, lui donne envie de hurler, comme si sa peau devenait trop lourde à porter, trop difficile à garder sur soi. Un voile. Comme le malaise, la fascination qui ne quitte pas ses yeux alors qu’il la fixe. Parce qu’elle est belle, belle à en pleurer, belle à s’en aveugler, blanc et ténèbres et tout ce qui semble s’échapper d’elle, tout l’attire, irrésistiblement, il se brûle à la chaleur de glace.

Ren, tu le sens, tu l’entends ? Mon cœur qui tambourine, tout qui s’effondre, nos gorges serrées et ça se referme, la poigne étouffe, serre, serre, serre mais on ne peut même pas hurler. De quoi souffres-tu, Ren ? Laisse-moi aspirer tes démons. Laisse-moi avaler tes craintes, tes cris de détresse, laisse-moi boire à même ton âme ce qui te tourmente. Laisse-moi me noyer dans ton poison, pour hisser au dehors ce qui peut être sauvé. Ce qu’il reste, dans les décombres.

« Ça t’appartient, tu fais ce que tu veux. Tu veux parler ? » Tu veux mourir ? Tu veux … quoi ? Et moi ? Je peux te toucher ? Je peux m’avancer ? Je peux m’arrêter ? Je peux vouloir oublier ? « Tu ne veux pas ? » Des murmures, qui se perdent, sa main se referme sur son poignet et il est trop délicat. Il a l’impression qu’il ne pourra pas réussir à la tenir, qu’elle va s’évaporer, comme elle est venue, qu’elle va s’enfuir, comme un filet d’eau qui s’échappe de ses mains tendues. Et il se dit qu’il suffirait d’un mouvement pour briser son bras trop fragile, que c’en est ridicule, même quand il s’assoit, qu’il la regarde dans les yeux, sa peau toujours en contact avec la sienne, elle a l’air si petite et si fragile et c’est tout le contraire, pourtant, il en est conscient. Ses mains se refermèrent sur les siennes, comme pour la réchauffer et les cigarettes allumées forment un halo, lui brûlent la peau, laissent des marques rougeoyantes qu’il ne sent pas, qu’il sent un peu trop fort.
« Tu es glacée. » Il répète, bêtement, ça fait du bien, c’est comme s’il pouvait ancrer dans la réalité un mensonge absurde. Un mensonge vrai. Il la fixe, ne la lâche pas, assis, alors qu’elle lui semble si jeune, debout devant lui. « Je pourrai peut-être pas y faire quelque chose. C’est peut-être trop tard, hein, Ren ? Si tout a gelé, si ça s’est brisé, avec le temps. Mais j’ai envie d’essayer. »

Laisse-moi essayer. Tu te retiens de rire, ça te troue la gorge, ça t’assassine tes réflexions et tu veux te gaver de pensées futiles, jusqu’à l’explosion, pour croire que c’est possible, faisable. T’y crois pas, pas vraiment. Mais tu la veux. Comme on voudrait garder pour soi un bien, un mal, quelque chose qui soigne et qui lacère à la fois. Elle t’est complètement étrangère et t’as pourtant l’impression de l’avoir dans la peau.

Tatouée à même les os
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MessageSujet: Re: I'm not in love but I'm gonna fuck you till somebody better comes along { Ren ♥   Dim 16 Oct - 1:02

seek and destroyed ¶

    « Qu’est-ce que tu fais ?
    Je ne sais pas.
    Bouge.
    Non.
    Bouge. Bouge de là. Fait quelque chose. Pitié.
    Non. Je ne veux pas.
    Ca te plait ?
    Quoi ?
    De te faire du mal.
    Il est… remarquable.
    Tu es vraiment vicieuse.
    Je sais. »


    [x] Brûle.

    Il fait atrocement froid. Peut-être. Peut-être. Plus rien n’est sûr. La chaleur n’existe peut-être plus. Le soleil ne sera peut-être plus jamais là. Et peut-être ne pourrions-nous plus jamais nous réchauffer après tout ce temps passé dans la froidure des ténèbres. Peut-être aurions-nous brûlé toutes les bibliothèques pour un peu de feu. Juste pour un peu de chaleur. Peut-être aurions-nous détruit toutes les forets seulement pour entendre ce craquement à nouveau, pour sentir cette sensation à nouveau. Juste contre notre peau. Quelques minutes, éphémères et illusoires. Peut-être aurions-nous détruit notre monde pour ne pas mourir tué par lui. Peut-être aurions-nous essayé de faire autrement, peut-être. Peut-être n’y serions-nous pas arrivés. Mais plus rien n’est sûr. Peut-être que la chaleur des hommes ne nous offrait plus cette substance dont nous avions besoin pour vivre et survivre. Peut-être serions-nous trop fatigués pour faire l’amour à présent. Peut-être serions-nous trop froid pour simplement partager notre chaleur. Pour simplement vivre. Simplement survivre. Pour simplement respirer. Pour simplement écouter notre cœur battre. Se battre dans notre poitrine. Peut-être la fin de tout ceci démontre que rien n’avait d’importance finalement. Si le froid a raison de nous, si le gèle est capable de briser la mécanique du cœur, peut-être n’est-il pas préférable de continuer. Peut-être que la solution est dans le silence et la glace. Peut-être qu’il ne faut pas lutter. Peut-être que se battre ne sert à rien. Peut-être que continuer à essayer de trouver la chaleur est inutile. Peut-être que la chaleur est inutile. Peut-être que la réponse est ailleurs. Peut-être est-elle ailleurs que dans le feu. Peut-être est-elle dans la glace elle-même. Peut-être simplement qu’abandonner tout espoir est la solution.

    Ca va aller.
    Ca va aller.
    Ca va aller.

    Mais en fait, plus rien ne va.

    Le temps se suspend. Les lignes avec lui. La pièce s’écartèle avant de se réduire sur leurs deux enveloppes fines. Exiguës. Suffocantes. Proches. Et pourtant à plusieurs kilomètres de distance. Elles frissonnent, avec la même intensité. Le froid de ce monde les assaillant de toute part. Loin l’une de l’autre. Souillées l’une comme l’autre. Autant seules l’une et l’autre.

      Et si verser une larme m’était impossible, dis-moi, qui pleurera à ma place ? Qui acceptera de porter mes souffrances et mes peines ? Qui sera là pour montrer ma colère et mon tourment au monde ? Qui s’abandonnera à moi ? Qui vivra pour moi ?
      Je suis le voleur. Le voleur d’âme.

    Il s’approche. Et à ses yeux, elle voit qu’il n’en a lui-même pas vraiment conscience. Il la regarde, ne décroche pas. Elle sent ses yeux glisser sur tout son corps. Ses yeux avaler la lumière de ses lèvres. De sa peau. De son regard. De sa peur. Il lit en elle, la touche sans la toucher. Il décode le braille se détachant de ses moindres mouvements. De ses moindres soupires. De ses moindres respirations. Il sent son cœur se serrer lorsque l’air pénètre ses poumons. Le feu s’emballer dans sa cage thoracique lorsqu’elle expire. Elle la sent souffrir à chaque preuve de vie. Et il souffre avec elle. Il est là, la regarde comme si c’était son dernier instant. Elle le ressent, et ça ne lui plait pas. Du tout. Mais elle ne fait rien. Elle se contente de le regarder silencieuse. La gorge nouée. Le souffle presque inexistant. Elle ne tremble pas. Elle en oublie le mode opératoire basique. Elle le regarde. Elle le sent s’approcher. Et son odeur qui devient de plus en plus forte. De plus en plus vive. Ses gestes de plus en plus lents. Minutieux. Sensuels. Ce qui gêne fini par plaire. Elle devient malade imaginaire grâce à ces yeux. Ces yeux qui la feraient presque tressaillir. Cette compassion. Cette envie. Ce désir. Coincé au creux des iris. Des lèvres. Cette chaleur qu’il tient au creux de ses mains. Ces pulsions qu’il réfrène sans en avoir conscience. Il n’est pas langoureux. Il le devient. De par ses gestes. Son mutisme. Son regard. Son odeur. Sa pâleur. Sa douceur. Sa brutalité. Et il s’avance, encore. S’avance et la regarde, toujours. Il lui parle sans lui parler. La touche sans la toucher. Et elle se laisse faire. Par le regard, l’embrasse alors qu’il est des kilomètres de distance. Le caresse. Le mord. Le saigne. Le brutalise. Le frappe. L’égorge et le boit. L’aime et le déteste. Ouvre les yeux. Se réveille.
    Contacte brûlant contre son épiderme de nacre.
    Il a attaqué le premier.


    « Merde. Ne me touche pas.
    Calme-toi.
    Qu’il enlève ses putains de mains trop blanches de mon épaule.
    Nos peaux se confondent. C’est remarquable.
    C’est indécent.
    C’est beau.
    Je n’y crois pas.
    Tu devrais. »


    C'est froid. C'est gelé. Et c'est tout.
    C'est froid. C'est glacé. Rien d'autre.
    De pire en pire. Et tout va de pire en pire.

    Non. Je n’y crois pas. Je ne bouge pas. Je ne parle pas. Il est là, pourtant, me touche, sans gêne, me regarde, sans gêne, me sent, sans gêne, me dévore, sans gêne. Il est beau. Il est immonde. Il est lumineux. Il est sordide. Il est doux. Il est coulant. Il est gracieux. Il est arrogant. Il est à nu. Il est insondable. Il est primaire. Il est dédaigneux. Il est droit. Il est calculateur. Il est pur. Il est charnel. Il est immaculé. Il est adroit. Il est irritant. Il est naturel. Il est indécent. Il est rassurant. Il est entêtant. Il est brutal. Il est aimable. Il est singulier. Il est effrayant. Il est grossier. Il est éblouissant. Il est sinistre. Il est fragile. Il est intimidant. Il est petit. Il est suffisant. Il est inépuisable. Il est factice. Il est miroitant. Il est mirage. Il est inaccessible. Il est trop facile. Il est diligent. Il est charismatique. Il est maladroit. Il est complexe. Il est superficiel. Il est fascinant. Il est inopportun. Il est déroutant. Il est placide. Il est brûlant. Il est aléatoire. Il est redoutable. Il est simple. Il est cruel. Il est bienveillant. Il est extatique. Il est sombre. Il est harmonieux. Il est mauvais. Il est égoïste. Il est parfait. Il est incomplet. Il est équerrant. Il est captivant. Il est électrisant. Il est remarquable. Atrocement remarquable. Et il a ses doigts posés sur ma peau. Il respire le même air que moi. Sent les mêmes odeurs que moi. Me brûle. Seigneur. Me brûle.

    Son dos, son épaule. Forme conventionnelle. Il pose et attire irrémédiablement vers lui. Vers son antre. Ses tableaux, son fauteuils, ses tapis. Elle ne résiste pas. Son esprit est ailleurs. Elle est devenue sourde-muette à l’intérieur et elle aimerait crier. Hurler. Mais le son reste coincé à l’intérieur. Et ses yeux, perdus dans les sien. Elle respire. Difficilement. Respire et sent le tout se bloquer. Elle se sent vomir. Elle se sent se décomposer. Elle se sent se transformer en cendres. En poussière. Elle se sent mourir mais elle ne meure pas. Elle sent ses doigts fins frôler le blanc de sa peau et elle ressent toutes les brûlures qu’il lui afflige au moindre contacte. Il n’y a pas de marque, mais elle le sait. Il la brûle. Dès qu’il la touche. Son souffle contre sa gorge aussi. Même son odeur, elle pénètre par ses narines, descend sur sa gorge, immole tout ce qui se dresse sur son passage. Elle sent la moindre de ses cellules se calciner. Son cœur et ses poumons se consumer. Elle se sent mourir de l’intérieur mais elle ne meure pas. Elle se sent disparaitre, mais elle ne souffre pas. Elle n’a pas mal. Il est le blanc létal. Le blanc mortuaire. Le séminaire se déroulera ici même. Et elle s’abandonnera au monde contre sa peau transie. Contre le feu de son corps. Elle se laissera se consumer lentement et attendra qu’il la réveille. Qu’il s’excuse en lui expliquant qu’ici, ce n’était ni le Paradis ni l’Enfer. Qu’ici n’était qu’un Purgatoire de plus. Il s’excusera et ses mots s’embraseront comme du papier. Il lui proposera de pleurer pour essayer de faire fuir les flammes. Pour essayer de panser ses brulures. Il essaiera de lui-même lorsqu’il se rendra compte que se sauver d’elle-même lui est impossible. Il ne lui laissera que quelques marques supplémentaires. Larmes. Brûlures de cigarette.


    - Tu es glacée, Ren.

    Je suis le givre et la glace. Je suis la neige de l’éternelle. La froidure de l’hiver. Tu es la canicule estivale. Je suis l’Iceberg. Et tu es le Titanic. Tu t’échoueras et je me fissurerais. Tu ne crieras pas. Tu tueras tous les passagers logeant dans ton ventre pour écouter mon silence. Et je me tairais pour supporter ta chaleur. Pour supporter ta douceur. Ta violence et ta fièvre.
    Et notre monde se refermera. Le reste n’existera plus.


    C’est de ça dont nous avons besoin. Il y a le son grisant du briquet. La mollette qui grince sous l’épiderme. Celle de la flamme qui consume l’air. Et le craquement du tabac qui s’enflamme. Et la cendre qui rougie. Le reste qui se décompose lentement. La fumée qui entre dans nos poumons déjà abîmés. La nicotine qui pénètre le sang doucement. Mais l’esprit qui ne se calme pas. Elle soupire après la première bouffée. Le regarde. L’écoute. Il parle. La tête est lourde. Et il l’emmène ailleurs.

    « Tu sais que tout est bientôt fini, alors pourquoi t'entêter ?
    Il me regarde.
    Comme tout le monde.
    Non. Il me voit. Il me sent.
    Tu aimes ?
    Non ; je n'aime rien.
    Et tu te laisserais mourir ?
    Sur le champ.
    C'est incompréhensible.
    C'est inespéré. »


    Je le sais, ouais, je m'en doute, mais plus rien ne tient plus en place. Plus rien n'est crédible, du tout. Je le sais, faut pas s'en faire, je sais. Je le sens aussi. Le feu. Là, juste devant moi. Le brasier qui ferait geler toutes ces meurtrissures. Qui ferait tout disparaître en même temps. Et il n’en resterait rien, rien, pas même une flaque. Seulement quelques vapeurs dans l'air, un goût d'opium contre le palais. Et puis, d'autres choses, sûrement. Mais pas plus, pas mieux. Rien de visible. Rien de tangible. Rien d'olfactif. Seulement le goût. Sensuel contre la langue. Discret. Insondable. Froid. Je le sais, il ne restera rien, rien qui existe aux yeux du monde. Ni aux siens. Ni à ceux de Wil. Ni à ceux de Shin. Non, pas même aux siens. J’les revois encore, ces splendeurs abyssales. Ces yeux humides, ces yeux océans, ces yeux merveilleux. Ces beautés dont il n'a aucune conscience. Ces magnificences invisibles aux yeux du monde. Ces perles rares qu'il laisse couler trop souvent. Je les entends, ces râles lorsqu'il est seul, dans son lit froid et terne. Et ses mains contre le mur de ma chambre. Les miennes tout contre les siennes. Séparées par quelques centimètres de béton. Son souffle trop éloigné du mien. Et ses yeux qui pleurent, encore et encore. Il n’avait qu’à franchir la porte. Simplement, à l’ouvrir, la refermer derrière lui. Simplement. Se glisser entre mes draps et pleurer contre moi. Sans parler. Sans ouvrir la bouche. Sans rien de plus. Je ne dors pas. Je l’écoute. Chaque nuit. J’écoute ses sanglots. J’écoute ses peines, sa tristesse, ses plaintes sans paroles, sans mots. J’écoute et je me tais moi aussi. J’écoute sans bouger. Contre lui. Contre le béton. Tellement proche. Tellement loin. Il avait posé son lit juste contre le mur de ma chambre. Et j’avais fait de même. A moins que ce soit lui qui ait tout disposé avant que je ne m’installe ? Je ne m’en souviens même plus. Ô Shin, combien de temps avant que ce monde ne nous brise ? Combien de temps avant que nous n’acceptions l’évidence ? Combien de temps avant la fin ? Shin. Shin. Combien avant que tu n’abandonnes, toi aussi ? Combien de temps avant que tu ne m’abandonnes ? Combien ? Shin. Je voudrais oublier. Non. Je vais oublier, Shin. Aujourd’hui, je vais tout oublier. Ne pleure plus. Ne pleure pas. Je te le promets. Je ne me souviendrais plus de rien. Plus de rien. Alors, sèche tes larmes, Shin, efface cette peine qui te ronge chaque jour, chaque nuit. Shin, je t’en prie. Cesse tout cela. Arrête ce calvaire. Je t’en prie. J’oublierais tout. Aujourd’hui, j’oublierais tout. J’oublierais. Alors, ne pleure plus, ne pleure plus. Shin, ne pleure plus. Je t’en fais la promesse, Shin. Sèche tes larmes, sèche tes larmes…

    - Hé, tu peux t’assoir. Tu n’es pas obligée. Où tu veux.

    Elle fait deux pas. Au hasard. Tu sais, il n’y a nul par où j’aimerais aller. S’avance tellement peu que s’en est presque invisible. Mais tu le sais, n’est-ce pas ? Elle pose ses énormes bottes sur le tapis, et on dirait que sa jambe ne suivra pas le mouvement tellement elle est frêle. Mais oui, tu le sais. Elle s’arrête, respire, ferme les yeux un instant. Les rouvre. Il est toujours là. Oui, sinon, tu ne me l’aurais pas proposé. Elle se tourne doucement vers lui, commence un mouvement, l’arrête. La cigarette se consume au bout de ses doigts blafards. Alors, qu’est-ce que je peux faire maintenant ? A quoi ça rime, tout ça ? Elle attend. Quelque chose. Sa voix. Un geste. Quelque chose. Mais toi non, tu n’en as aucune idée, pas vrai ? Quelque chose qui n’arrive pas. Elle porte la clope à ses lèvres, expire. Laisse la fumée se condenser entre eux deux.

    - Ça t’appartient, tu fais ce que tu veux. Tu veux parler ?

    Un nouveau silence. La fumée se dissipe et elle peut apercevoir ses yeux de nouveau. Elle ne le lâche pas. Ne le lâche pas et ne bouge pas. Ce que je veux ? Sa gorge se serre, elle étouffe une toux discrète. Se tord un peu. Ca va aller. Tu ne sais pas, mais il ne faut jamais me poser cette question. Jamais. Elle se redresse. Remet doucement une mèche de cheveux en place. Prend une nouvelle bouffée. Tant pis. Mais au moins, c’est déjà ça. Je veux exister. Inspirer. Expirer. C’est simple pourtant. Simple. Je veux le danger. Oublier la douleur. Et respirer, seulement respirer. Je te veux. Ne rien faire d’autre. Et rester silencieux. Encore et encore. Je veux les étoiles. Les lèvres close, et la cigarette qui se consume. Ses mots sont lourds. Il ne sait pas comment parler, comment faire. Elle non plus. Elle ne sait pas. Elle ne sait plus. Je veux être quelque chose. Ferme les yeux un instant. Juste un instant. Quelque chose. N’importe quoi. Pour n’importe qui. Puis les rouvrir. Je veux exister.

    - Tu ne veux pas ?

    Non. Je ne veux pas.

    « Mes bras.
    Ne t’en fait pas.
    Il va me les arracher.
    Ca va aller. Ne t’en fait pas.
    Il me brûle.
    C’est lui qu’il brûle.
    Il me décompose.
    Tu n’es déjà plus que cendres. »


    - Tu es glacée.

    Je sais. Ses poings se serrent, fébrile. Il est chaud. Brûlant. Il fait mal. Atrocement. Surprise. Son regard se fige un instant. Puis retombe sur lui. Cette atmosphère qu’il crée est oppressante. Etouffante. Mais, dis-moi. Troublante. Qu’espères-tu obtenir de moi ? Ambiguë. Finalement. Presque… agréable. Sa peau contre la sienne. Il la torture. La torture et la garde en vie. Elle ne bouge pas. Elle le regarde. Elle sentirait presque ses doigts remonter son bras, le long de son épaule et se loger contre son cou. Saisir sa nuque. Elle sentirait presque ses doigts se refermer sur ses veines et ses lèvres se saisir violemment des siennes. Elle ne cligne même plus des paupières. Elle le regarde et attend. La bouche à demi close. Et respire. Respire. Parce que toi, tu es brûlant. Inspire. Expire. Affreusement.

    - Je pourrai peut-être pas y faire grand-chose. C’est peut-être trop tard, hein, Ren ? Si tout a gelé, si tout s’est brisé avec le temps. Mais j’ai envie d’essayer.

    Elle ne sait plus. Non. Elle le regarde. Encore. Je suis un cadavre. Elle ne décroche pas ses perles de ses yeux. Elle ne le quitte pas du regard. Je suis morte. Elle veut oublier. Elle s’approche. Recule. Ne sait pas ce qu’elle veut. Morte de froid. Elle veut pleurer. Mais elle ne peut pas. Tu veux essayer ? Elle l’écoute. Ne croit pas en ce qu’il lui dit. Ne croit en rien. Me réchauffer ? Elle le regarde. Il est remarquable. Ses traits fins. Son visage lisse. Presque sans émotion. Et cette voix tremblante. Elle, c’est tout son corps qui tremble silencieusement. Mais ça ne se voit pas. Mais, tu sais comment faire, non ? Elle tremble à l’intérieur. Elle meure à l’intérieur. Elle est froide. Fragile. Tu sais comment faire pour oublier les souffrance et les peine.Il la serre. Il la briserait presque. Elle aime ce contacte. Et il lui est insupportable. Tu sais comment faire fuir le froid.Elle sait qu’il ne la lâchera pas. Elle le sait. Comment réchauffer les corps sans vie. Alors, elle ne se délie pas. Elle aimera que sa chaleur remonte le long de son bras. Lui réchauffe le cœur. Mais il se contente de lui consumer la main. Lui brûler l’épiderme. Rien ne monte. Elle souffre toujours autant, à chaque battement. A chaque pulsation. Faire exploser les cœurs.

    Elle redresse le menton. Greffe son regard dans le sien. Le gris contre l’azure. Il fait affreusement froid. Elle ne s’assoit pas. Elle ne veut pas en parler. Elle n’a rien à en dire. Elle ne sait même pas pourquoi elle est là. Elle ne veut plus l’entendre pleurer. Simplement. Elle ne peut plus l’entendre pleurer.


    - Vous avez une façon étrange de prononcer mon nom.

    Elle fait un pas vers lui. Sent son odeur. Faible. Agréable.

    - Vous êtes brûlant. Mais vous le saviez déjà. Vous faites mal.

    Elle ne bouge plus. Elle ne sait plus qui il est. Qui elle est. Et à vrai dire, elle s’en fou.

    - Je suis glacée. Vous avez déjà la réponse. Vous voulez essayer ?

    Elle ne sourit pas. Elle ne pleure pas. Elle ne bouge pas. Elle ne tremble pas.

    - Alors, montrez-moi.

      [ I'll seek you out
      Flay you alive
      One more word and you won't survive
      And I'm not scared of your stolen power
      I see right through you any hour
      ]
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MessageSujet: Re: I'm not in love but I'm gonna fuck you till somebody better comes along { Ren ♥   Mar 25 Oct - 20:41

Sa voix retentit, se fissure en millions d’éclats face au silence. Des morceaux de glace qui se consument, qui fondent pour dégouliner sur sa peau, pour entrer par les fissures, pour boucher les plaies de leur venin. Les paroles remplissent les creux d’amertument, s’essoufflent comme un cœur battant trop vite, trop fort, trop mal, trop près de la fin. Sur la corde raide. Ça bouillonne dans sa tête, il a l’impression que le sang quitte ses veines, qu’il inonde tout mais que ce n’est pas suffisant, non, cela n’apporte rien, pas de réponse, pas de vie à ces corps qui se meuvent, qui se brisent. Il reste l’écorchure sur la chair, la haine respirée à même la peau, tout ce qui souille un corps à défaut de pouvoir meurtrir un cœur qui se meurt.
« Tu trouves ? J’ai l’impression qu’il m’écorche la gorge » … le cœur « comme une bouffée de cigarette en trop. »

Ton sourire est serein. Mensonges, mensonges. Tu as presque envie de le murmurer du bout des lèvres, son prénom. Comme une litanie. Une prière à tu ne sais quoi, une rivière qui coule de tes lèvres pour endormir méfiance et lumière. C’est un voile qui tamise tout ce qu’il pouvait y avoir de brillant, dans cette pièce qui te semble caricature. Pour qu’au final, il ne reste plus qu’elle et toi, presque translucides, les mains entremêlées, les esprits chamboulés, à illuminer un peu toutes ces cendres et toute cette souffrance qui vous entoure. Une île perdue, l’océan qui se déchaine et le noir, le blanc, tout qui s’enchaine, la cacophonie silencieuse de vos cris de détresses. Vos navires ont sombré, les voiles se sont déchirés et il ne reste du ciel d’orage que les nuages de la fumée de cigarette.

Ça t’embête, Ren ? Tout ça ? Tu voudrais fuir, ne pas avoir à rester là, ne pas avoir à supporter ma présence ? Tu sais que tu peux tourner les talons, à tout moment. C’est pas moi qui te retiendrais. Même si. Même si. Peut-être que si tu amorçais un mouvement pour t’en aller, je ne pourrais pas m’empêcher de tendre la main, de te rattraper, de te serrer peut-être un peu trop fort, jusqu’à ce que tu craques, jusqu’à ce que j’entende le bruit de tes os brisés, jusqu’à ce que je sente la chaleur du sang versé. Peut-être que si tu me parlais, vraiment, et me disais que tu ne veux pas être là, même si je le sais, bien sur, même si tu le sais, que tout est pareil, dans ce miroir à double tranchant, dans cette limite que je ne vois pas vraiment, je ferais comme si je n’avais rien entendu, je me boucherai les oreilles avec mes dernières illusions, les derniers remparts qui me restent face à la glace de ton regard.

« Ah. Je te fais mal. Je ne voulais pas. »
Il baisse un peu la tête, les mèches blanches cachent son œil. On ne voit qu’un léger sourire, sur ses lèvres ; Il ne s’excuse pas. Non. Quelle idée. Pourquoi s’excuser ? Il a l’impression que son corps est explosé, que tout s’éparpille en mille morceaux autour de lui et qu’il n’arrivera pas à rattraper assez de lui-même pour être comme avant. Sombre, dans le vide mais c’est tellement mieux. Son sourire s’agrandit.
« En fait, peut-être que si. C’est un problème ? Ce n’est pas ce que tu veux ? »

Tu insistes, à peine. Ce qu’elle veut. Le mot est multiple, tu donnes l’impression d’être un apprenti chirurgien qui ne sait pas quoi faire pour faire trancher correctement, pour ouvrir celui que te fait face et faire sortir tout ce qui est souillé, tout ce qui est Sali, de lui. Plonger au plus profond, les mains maculées de sang. Sauf que tu n’as aucune vie entre les mains. Sauf que tu ne peux rien faire, là, tout de suite, parce qu’elle te cloue sur place, par sa simple présence, parce que tu en es tout simplement incapable, parce que l’idée qu’on puisse essayer de se l’approprier te semble ridicule. Elle est libérée des chaines habituelles. Elle en a d’autres, faites de souffrance, d’amour, de larmes qui ne coulent pas, ne coulent plus et bordel, c’est ce qui fait le plus mal. Le sel des larmes. L’amertume des souvenirs. L’acidité de trop tard qui s’écoulent, des châteaux de cartes qui s’écroulent. Il suffit d’un souffle de vent, tout balayer, tout détruire d’un sourire serein. Une chute en avant et se laisser porter.

Hey, Ren qu’est-ce qu’on peut faire quand on a perdu ses propres ailes ? Si elles ont gelé, se sont cassées en morceaux, en poussière d’étoile. Qu’est-ce qu’on peut bien faire quand elles se sont consumées, en cendres ? J’ai essayé de m’en créer des nouvelles. Leurs racines me font mal, elles s’incrustent profondément dans la chair. Et toi, tu as tout laissé tel quel. Tu sautes dans le vide sans rien.

Il se lève, pour s’avancer vers elle. Trop près. Il la frôle presque et la brûlure glacée de son corps est toute proche, il suffirait juste qu’il tende la main pour la toucher à nouveau, parce que cette fois, il est trop près, vraiment trop, il voit chaque détail de son visage, il voit chaque trait sublimé, chaque grain de peau, le cils longs et sombres sur la peau trop pâle, son regard, tout semble de marbre et pourtant, il a l’impression de sentir chaque battement de cœur, plus douloureux que le précédent, ébranler cette silhouette trop parfaite.
« Si je te montre, je sombre avec toi. Si je m’approche un peu trop, je ne sais même pas ce que je pourrais faire, ce que je ne pourrais pas faire. J’ai peur que tout s’anéantisse, s’annule, qu’il ne reste plus rien du feu et de la glace. Tu n’as pas peur, toi ? »

Ta voix est faible. Ton sourire t’es douloureux, c’est une plaie sur ton visage, trop naturel, trop adéquat parce que que peux-tu faire si ce n’est d’accepter la fatalité, te soumettre à ce que tu veux, à ce qu’elle te tend, toujours aussi rigide ? Statue de marbre, de sel, qui ne cesse de lancer ses appels vers toi. Tu ne t’y soustrais pas. Comment le pourrais-tu ? Tu n’oses que toucher sa main, pour le moment, c’est tout ce que tu te permets. Une retenue bien vaine.


Ça ne se calmera pas, pas vrai ? Ce sera pire. Après, avant, pendant, je ne sais pas, c’est toujours la même chose. C’est éphémère, c’est futile Ren, on le sait. J’ai l’impression d’être un gosse qui fait quelque chose le sourire aux lèvres parce qu’il sait que c’est mal. J’ai l’impression de vouloir tenter le diable parce qu’il n’y a plus rien que je puisse faire pour racheter mon âme, la tienne et surement parce que je veux que les flammes de l’enfer te réchauffent, toi qui es si froide.

Ses mains remontent, doucement, une tendresse brutale, autour du cou fin. Il sent le sang qui s’affole, le cœur qui crie son agonie, sous ses doigts glacés. Brûlants de fièvre d’une fièvre froide. Ça tambourine, ça s’affole, c’est un oiseau en cage qui semble battre sous sa peau, blanc sur blanc, c’est le plus beau son qu’il n’ait jamais entendu parce qu’il le ramène à la vie qu’ils n’ont plus, au mal qu’ils chérissent.

Tu as envie de serrer. Refermer tes mains autour de son cou pâle et serrer, serrer, encore, encore, jusqu’à la fin, jusqu’à voir sa raideur devenir abandon, jusqu’à sentir tous ses membres se figer. Poupée désarticulée entre tes doigts. Tu lui offrirais la fin, le recommencement. La défaite. Ta gorge se serre, tes doigts sont raides, araignées blafardes qui entourent finalement le cou fin. Fragile. Il pourrait se briser, sous tes doigts. Il pourrait craquer, si simplement, pourtant, tes gestes sont délicats. Tu l’effleures, simplement. Tu ne supporterais pas qu’il y ait des marques sur sa peau trop blanche. Tu ne veux pas avoir les fleurs bleutées s’épanouir sur l’épiderme lisse. Tu ne veux pas que ce souffle trop calme s’affole, s’accélère ou peut-être que si, mais pas comme ça, non non.

C’est trop simple, pas vrai Ren ? Mais je suis trop faible pour faire ça et tu l’es trop pour y arriver toi-même. C’est la seule solution, c’est ce que je vois au bout alors je préfère détourner les yeux.

Une de ses mains se détache, retombe sur son corps et l’autre reste sur la gorge pâle. Boum boum boum. C’est le son de la vie qui s’écoule encore, de la vie qui s’écroule, de tout qui semble exploser sous ses doigts, sous son regard souillé. Boum boum boum. C’est la mélodie de ce qui sommeille en elle, de ce qu’il voudrait tant saisir, hisser au dehors, pour le détruire, pour le sublimer de ses flammes. Boum boum boum. C’est l’air incohérent qui s’échappe par son propre souffle, qui se confond avec elle. Comme une machine huilée, une boite à musique cassée, qui ne peut que reproduire le même son, indéfiniment.

Tu es penché vers elle, ta silhouette longue, un peu trop grande face à la sienne, semble vouloir se confondre avec elle. Qu’elle puisse exister à travers tout, que tout devienne pareil, que tout s’entremêle, même si ça doit faire mal, même si ça signifie la fin de tout. Elle est immobile et ça te donne envie de la rendre vivante, de voir sa pâleur de colorer, de voir son mutisme devenirs cris d’ivresses, de détresse, tu ne sais pas. Tu ne sais même pas si tu veux la sauver ou si tu veux qu’elle se perdre, définitivement. Tu sais seulement que tu serais incapable d’accomplir les deux jusqu’au bout, que c’est elle qui dirige tout et que la marionnette, au fond, c’est toi. Emprisonnée dans son regard, statufiée par son corps trop fin, par ce qui émane d’elle. Elle fait danser les fils, commande tes membres, tes pensées et tu ne peux que suivre, prêt à laisser les liens te trancher la chair, t’écarteler l’esprit, disséminer ton corps aux quatre vents. Elle est un poison et tu es prêt à le boire, à t’en crever le cœur.

« Ça ressemble à de la provocation, Ren. Quoi qu’il se passe, je serai le perdant, pas vrai ? Quoi qu’il arrive, tu finiras par partir. »
Son souffle s’écrase sur sa joue. C’est un son beau, grisant, celui d’une respiration contre une peau fine. Presque translucide, vue de près. Il distingue le chemin des veines sur ses paupières, a envie de les caresser de ses lèvres. Détruire ce visage trop parfait. Lacérer ce calme, briser cette souffrance. Il joue toujours sur le film, stagne entre deux eaux, incapable de choisir s’il veut remonter ou plonger. Sacrifice ou renaissance.

Dis, Ren, ce n’est pas pareil au fond ? Moi, je crois que oui. C’est pour ça que j’essaie. C’est pour ça que je cède. C’est pour ça que je veux réchauffer ton corps glacé. Ton cœur est trop plongé dans les profondeurs, gelé de ténèbres et de lumières. Je ne peux rien atteindre, de là ou je suis et je ne suis pas assez fou pour vouloir l’agripper et le tenir, palpitant, au creux de ma main. Pas encore.

« C’est pour ça que j’ai envie de céder, si facilement. Je ne suis pas homme à pouvoir résister, tu sais. »

Tu te dis qu’elle le sait, sans doute, que tout ce que tu dis ou fais et vain. Comme tout le reste, tu as envie de tout envoyer balader et c’est ce que tu fais, souvent, sans penser aux conséquences. C’est simple, trop, simplement fermer les yeux, se perdre dans des bras étrangers pour s’oublier. Quelques gestes, quelques paroles, il suffit d’un rien. Et tu te réveilles toujours, glacé, incapable d’affronter la réalité. Offrir l’oubli. Une chaleur salvatrice. Tu n’as rien à donner, tu te contentes de brûler, de consumer. Tu as besoin de sa glace pour garder les idées claires, pour calmer le brasier qui brûle en toi. Soif et faim dévorante, que tu n’as jamais su assouvir. Même elle n’y arrivera pas. Elle est comme la cigarette. Une addiction, qui laisse vidé, perdu, mais qui calme un instant la rage, qui éblouit l’esprit, qui endort les nerfs pour mieux raviver la flemme ensuite.

Sa main glisse de son cou pour atteindre son cœur. A même la peau, sous le vêtement qui le gêne. Ses doigts sont comme engourdis et il s’étonne de sentir que l’épiderme irradie une douce chaleur, sous le tissu. Presque inopportune. Il souffle, comme soulagé, de voir que son corps peut encore être réchauffe et sa tête tombe sur l’épaule de Ren, comme une défaite, une victoire. Plongée dans le cou délicat, comme dans une étreinte tendre. Mensongère, comme tout le reste.
« Tu vas voler toute la chaleur, tout le feu, en moi ? Me laisser vidé ? Comme une épave, parce que personne n’est réellement capable de te garder suffisamment longtemps ? »

C’est une sentence, Ren. Tu ne t’embarrasses pas des cadavres. Tu as déjà le tien à porter.
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Ren Kimyona
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MessageSujet: Re: I'm not in love but I'm gonna fuck you till somebody better comes along { Ren ♥   Mer 16 Nov - 1:15

I’ll split your heart, ‘cause it makes me die ¶


    - Tu sais, Ren, j’ai longtemps cru qu’il serait plus facile de vivre en oubliant qui on était. Ce qu’on était censé faire. En oubliant son nom, son numéro de carte bleu. En oubliant comment ouvrir les yeux le matin, comment respirer. En oubliant combien il était dur d’essayer de se faire vomir, après avoir claqué ses dernières économies dans deux bouteilles de saké. Tu sais, j’ai envie de partir ailleurs, loin de toutes ces injustices, de cette merde. J’ai envie de fermer les yeux et croire qu’il serait possible de ressentir autre chose. D’autres choses. J’ai envie de ne plus rien être pour personne, ne plus avoir à ouvrir les yeux le matin, ne plus avoir à se forcer à vivre. Ne plus voir défiler le temps et se voir dépérir, de secondes en secondes. Tu sais, Ren, j’y pense. J’y pense, et de plus en plus.
    - …Hh.
    - Pourquoi tu ne dis rien ?
    - Je ne sais pas, Wil, je n’en sais rien.
    - Tu n’aimerais pas ?
    - Moi, je ne veux rien, j’avance et j’attends qu’une voiture ai assez de pitié pour m’écraser.
    - Et pourquoi ne le ferais-tu pas toi-même ?
    - Parce que tu serais assez fou pour me ramener à la vie, Wil. Parce que te ne voudras pas me laisser partir.


      ***

    « Tu divagues, chérie. Tu pars trop loin.
    J’essaie, j’essaie de comprendre.
    Et quoi ? Dis-moi ?
    Lui. Moi. Pourquoi.
    Tu te mens.
    Oui.
    Tu aimerais autre chose.
    Je sais.
    Mais il n’est pas là.
    Mais il n’est plus là.
    Tu es déjà partie.
    Il est déjà mort.
    Oublié. »


    Ses doigts sont liés aux siens. Serrés. Enserrés. Emprisonnés les uns dans les autres. Et sous cette peau blanche coule son sang. Là, juste contre elle, ses veines laissent s’écouler le sang sale parcourant tout son corps. Minutieusement. Ce sang qui n’a sans doute jamais coulé ailleurs qu’au chaud dans ses artères. Mais, malgré tout, il bat, il bat imperceptible sous son épiderme de nacre. Bat sur le même rythme endiablé que son cœur transi. Son passage laisse une trace sur son propre corps. Un sillon. Une brûlure, invisible. Que personne n’apercevra jamais. Un cadeau. Peut-être. Autre chose. Un souffle. Quelque chose. Une délivrance. Ou simplement une marque. Un sceau. Sa propriété. Il fait d’elle sienne. Juste en apposant sa peau contre la sienne. En la brûlant. En laissant sa signature sur le blanc épidermique. Ni gris. Ni rouge. Pas même rosé. Noir. Encre. Immortel. Que personne ne peut voir, mis à part eux. Mis à part leurs yeux fous. Leur esprit pathologique. Et leur maladie imaginaire.
    Leur
    mort. Fabuleuse.

    « Tu trouves ? J’ai l’impression qu’il m’écorche la gorge comme une bouffée de cigarette en trop. »

    Elle aimerait l’acide.
    Elle aimerait la cendre.
    Elle aimerait la lave.
    Et les eaux torrentielles.
    Elle aimerait le détruire.
    Et lui faire comprendre comment elle était morte. A l’intérieur.
    Et puis, l’écorcher de nouveau.
    Pour qu’il hurle son nom. Encore et encore.


    Je suis contre lui. Tu vois. Juste contre lui et j’ai mal. J’ai mal et je me sens bien en même temps. Putain, je sais que tu me tuerais. Je sais que tu t’en tuerais. Je sais qu’il suffit juste que je me laisse faire, que je joue moi aussi et l’éclat de tes yeux disparaitrait. La beauté de tes mots disparaitrait et il ne resterait plus que rage et désespoir. Il me touche, il est si proche, tu sais, et il me fait du bien. Il me fait du bien mais lorsque je pense à toi, lorsque je repense à toutes ces larmes, à tous ces sanglots, ma gorge se serre. Je suis ta prisonnière. Tu es pour moi, tu as décidé d’être seulement pour moi et je me retrouve cloisonnée par tes bons sentiments. Par ton amour sordide. Je suis contre lui, oui, tout contre lui et il me brûle délicieusement la chair. Il m’irradie d’une chaleur nouvelle, il fait bouillonner les flots à l’intérieur de moi. Je parle comme une enfant, je sais. Je sais, mais je ne trouve pas les mots. J’ai chaud. J’ai froid. Je me sens mal. Je me sens bien. C’est une sensation étrange, tu sais, étrange, vraiment. Je veux m’enfuir loin de lui, loin de l’incendie. Mais je reste, je reste parce que je ne sais pas comment m’enfuit. Je ne sais pas où aller. Il est beau, tu sais. Il est sublime. Mais moins que toi. Il brûle, et c’est tout. Toi tu brûles et tu meures. Tu meures, tout ton air s’est consumé. Tu étais brasier ardent à l’époque, oui. Tout comme lui. Mais tu n’es plus. Tu es à présent fragile, abîmé. Ta beauté est tragique. Oh oui, tu es magnifique. Lui est encore tout-feu-tout-flamme. C’est dur à dire. C’est laid. Mais c’est vrai. Il ne faut pas s’en faire, lui aussi un jour, il s’éteindra. Peut-être comme toi, peut-être que lui non plus ne supportera pas mes caprices, et qu’il m’offrira tout son oxygène, comme tu l’as fait. Peut-être en a-t-il conscience, et c’est pour cela qu’il s’offre à moi. Peut-être veut-il essayer ce que tu as déjà tenté de faire à maintes reprises. Me donner sa vie. Et doucement mourir pour moi. Pour que je reste quelques secondes de plus en votre compagnies. Quelques misérables secondes de plus. Peut-être que c’est s’éteindre ensemble que tu voulais finalement. M’insuffler ton oxygène, remplir mon manque, vider ton excès. Et mourir ensemble, simplement. Regarde comme je suis, regarde, je vais me servir ailleurs. Je suis une salope, la pire des catins. Je t’aime. Tu m’aimes. Il ne m’aime pas. J’ai juste envie, tu sais, seulement envie d’oublier. Je ne veux pas que tu comprennes. Je ne veux pas que tu pardonnes. Je ne recherche pas la haine. Ni l’amour. Je ne recherche rien de potentiellement compréhensible. Je ne veux pas vivre. Je ne veux pas mourir. Je ne sais pas. Je ne sais plus. Peut-être simplement l’espoir d’en finir, jeter les dés et laisser faire le destin. Je veux finir abîmée. Je veux finir brisée. Je ne veux pas finir. Je veux qu’il me morde jusqu’à m’en déchirer l’être. Je ne veux plus être. Je ne veux plus de ton amour. Plus de tes pleurs. Je veux en finir avec tout ça. Simplement. Et qu’il meure avec moi n’est pas un problème. Tu sais, j’ai toujours cru que je vivais par procuration, que j’attendais qu’une âme charitable vienne me prendre sous son aile pour me réapprendre à vivre. Mais, tout compte fait, il n’en est rien. Parce que depuis le début, c’est pour moi que vous restiez debout. Debout, tous, mais déjà morts.

    Il sourit. C’est insensé. C’est sale. Hum. Nous y étions presque. La tempête balaierait de ses flots de carmin révolu. Arrêterait l’incendie. Calmerait les flammes. Et tu sais quoi, je vais te raconter une histoire. Pas la sienne. Pas la nôtre. Autre chose. Parce que mon cœur est lourd. Parce qu’elle souffre tout autant. Simple, écoute, écoute…

    Tu sais, je n'aime pas voir le temps et attendre. Je n'aime pas essayer de penser à autre chose lorsque je sais que la seule chose que j'ai en tête est toi. J'aimerais que tout soit plus simple, j'aimerais simplement fermer les yeux et t'avoir auprès de moi. Juste auprès de moi. Je n'aime pas attendre. T'attendre. Je n'aime pas ne pas savoir. Ecrire pour ne rien dire. Pour ne rien dire. Et je ne fais que ça. Toujours. Toujours. Je te fatigue. Oui, je sais. Tu m’aimes ? Oh, mais tu ne me le diras pas. Jamais. Et à vrai dire, je ne préfère pas. Non, je ne préfère pas. Je t’aime. Oh oui, je te déteste. Je ne sais pas, je ne sais rien. Pas même la nuance azurée de ton regard. N’essaie pas de comprendre. Tu sais, la haine et l’amour sont deux mots pour désigner la même chose. Je t’en prie, oui, n’oublie jamais cela. Ne m’oublie jamais.

    Je voulais te dire, les images sont apparues. Etrangement, après avoir fermé les yeux. Ce n'était pas une chose à faire, oui, surement, sans aucun doute. Il n'y avait pas de fatigue. Non, autre chose, de quelque de plus dérangeant. Alors, je me suis laissé faire, laissé partir, pour oublier un peu. Il faisait si froid, tellement froid. J’en tremblais, oui peut-être. Alors, j’ai fermé les yeux. Bêtement. Allongée. Molletonnée sur ce lit pour deux. Juste à la recherche d’un peu de chaleur. Cette chaleur que je rêverais que tu m’offres. Celle que je ne connaitrais même pas par les débris de ta voix. C'était pourtant simple. Et les choses se sont faites naturellement, tu sais. Le corps comprend vite lorsque ce n'est pas nécessaire. Il n’aime pas qu’on lui donne des ordres et il n’en fait vraiment qu’à sa tête. Un peu comme toi. Tu ne parles plus, je sais, et à vrai dire, c’est peut-être mieux ainsi. La dernière fois t’a tué ; tu étais là, mais tu n’étais plus là. Juste une couleur dans les esprits. Oui, moi aussi, je tiens à toi, mais certaines choses sont tellement compliquées, et je suis tellement faible. Oh, si tu savais. Je me suis contenté de fermer les yeux et attendre que tu te réveilles. Que tu te lèves. J’avais froid. Mais il ne faisait pas froid. J’attendais, sur la surface glissante de la banquise que tu me dises quelque chose. Mais rien n’est venu. Je ne voulais pas dormir, et c’est ce qui est arrivé. Et pour la secondes fois. J’ai rêvé de toi. Il n’y avait pas de visage. Pas de corps. Mais je savais. Parce que quand les images sont invisibles, il suffit d’allumer la lumière pour que tout devienne clair à nouveau. Et pour imaginer. T’imaginer. Simplement là. Juste… là.

    Je voulais te dire, surtout. Ne t’en fait pas.
    Les larmes de Dieu sont noires. Tu sais...
    Noires. Et plus rien n’existe.
    « Ah. Je te fais mal. Je ne voulais pas. En fait, peut-être que si. C’est un problème ? Ce n’est pas ce que tu veux ? »

    Arrêt. Brutal. Ses yeux s’ouvrent, un peu. Mais c’est déjà beaucoup trop pour elle. Il s’avance. Et elle le regarde. Il est à sa hauteur, douce hauteur. Il la toise et s’approche. Encore. Encore. Plus près. Encore. Encore. Encore plus près. Encore. Un peu plus près. Encore. Tout proche. Encore. Encore. Encore. Trop. Encore. Et ils se frôlent. Illicitement. Délicieusement. Illégalement. Ses odeurs lui viennent. Encore. Douces. Sensuelles. Il sait qui il est. Et elle s’est déjà perdu.

    « C’est brutal.
    Mmh.
    Ça, tu aimes.
    Mh.
    Où vas-tu ?
    Dans le mur.
    Et c’est pour ça que ça te plait.
    Qu’il me tue.
    Sur le champ.
    Sur le champ. »


    « Si je te montre, je sombre avec toi. Si je m’approche un peu trop, je ne sais même pas ce que je pourrais faire, ce que je ne pourrais pas faire. J’ai peur que tout s’anéantisse, s’annule, qu’il ne reste plus rien du feu et de la glace. Tu n’as pas peur, toi ? »

    Pourquoi tu ne serres pas ?
    Pourquoi tu ne dévores pas ?
    Pourquoi tu n’embrasses pas ?
    Pourquoi tu ne sacrifies pas ?
    Pourquoi tu ne tues pas ?

    Parce que ce n’est pas assez. Parce que ça ne sera jamais assez. J’ai envie de sentir ma peau se calciner sous ta force animale. Tu sais, j’ai envie de ce que tu rêves, je le sens, je le sais. Mais, regarde, regarde ce que tu fais. Me sens-tu dégeler ? M’écouler ? M’élider ? Sens-tu les goûtes de mon eau longeant tes bras d’albâtre ? C’est mon corps qui fond. C’est mon cou qui s’élide à chaque seconde. Tu as peur ? Mais le processus est déjà en marche depuis que j’ai touché cette porte, trésor. Depuis que tu m’as effleuré. Depuis que tu as prononcé mon nom. A ton contacte, tout mon corps entier s’est emballé. Et j’ai pris peur. Vraiment, essaie d’imaginer. J’ai cru que mon cœur allait cesser de battre tellement le choc était violent. Je t’assure, comme une balle prise en pleine tête. Brutale. Comme toi. Derrière tes gestes simples flous et délicats. Tu te caches. Derrière un masque de finesse. Tu te caches. Mais tu n’es qu’un loup avide de chair. Avide de gèle. De ma glace. Tu surchauffes. Je le sens. Tu as besoin de quoi étancher ta soif infinie. De quoi réprimer le feu te léchant les entrailles. Tu as besoin de froid pour assouvir tes passions ardentes. Tu as peur, mais tu sais que c’est nécessaire. Qu’il ne te faudrait qu’un corps de glace, à un moment ou à un autre. Qu’il te faudrait de quoi te soulager. Ne serait-ce que quelques instants. Et je suis ce dont tu as besoin. Simple. Oui, j’ai compris. Mais, ne t’en fait pas, moi aussi, je me sers de toi. Moi aussi. Alors, je n’ai pas peur. Parce que c’est pour cela que je suis là, c’est pour cela que je ne me suis pas enfuie. Pour cela que je t’ai laissé me toucher. Pour cela que je te laisserais me dévorer. Pour cela que je me laisserais mourir s’il le faut.

    Elle n’a pas peur. Elle n’a pas peur. Elle n’a pas peur.
    Non. Elle n’a pas peur. Merde.


    « Ça ressemble à de la provocation, Ren. Quoi qu’il se passe, je serai le perdant, pas vrai ? Quoi qu’il arrive, tu finiras par partir. »

    Elle le respire. Elle sent son souffle contre ses joues. Elle le respire. Elle le respire.
    Elle ne sait rien de lui. Et lui répète son nom, encore et encore. Ren. Ren. Ren. Ren. Tellement beau sortit de sa bouche. Tellement beau. Et toi, bel inconnu. Dis-moi. Quel est ton nom ? Pour que je puisse t’enfermer. T’emprisonner et te retirer toute liberté. Moi aussi. Pour que tu puisses être miens. Pour que tu puisses t’enfuir, toi aussi. T’enfuir avec moi. Mourir avec moi. Dans la neige. Dans la neige…


    « C’est pour ça que j’ai envie de céder, si facilement. Je ne suis pas homme à pouvoir résister, tu sais. »

    Elle le sent. Là, juste contre lui. Sa chaleur. Torride. Son odeur. Suave. Et puis son corps, tout contre le sien. Brûlant derrière les couches de tissus. Et puis, autre chose. Sa main. Qui glisse doucement des veinures de son cou, pour venir frôler sa poitrine, ses côtes. Et qui glisse, si lentement, recherche et trouve. Sa peau… sa peau. Sa peau contre la sienne. Sa peau frôlant son ventre. Doucement, entre les lambeaux de tissus. Ses doigts glacés longeant la courbe de ses côtes pour finir greffées à son sein. Son cœur. Peut-être. Ça n’a plus vraiment d’importance. Et ça cogne. Et ça saigne. Et ça fait mal. C’est douloureusement agréable. C’est équerrement exaltant. C’est violent. Agressif. C’est comme une flamme trop chaude contre un verre trop froid. Trop fragile. Sa peau se fissure de toute part. Ca craque et ça lézarde en craquelures bien nettes. De son cœur jusqu’en bas de ses jambes. Et qui s’étendent, encore, jusqu’à dans son dos. Faisant presque la circonférence de sa dépouille si frêle. Tellement fragile. Elle ne bouge pas. Ses lèvres sont closes, elle essaie de respirer autrement. Il lui fait mal. Affreusement. Et c’est elle qui l’a demandé. Elle laisse tomber sa tête en arrière, n’essaie pas de se délier. Parce qu’elle est déjà tombé dans son propre piège.

    « Tu vas voler toute la chaleur, tout le feu, en moi ? Me laisser vidé ? Comme une épave, parce que personne n’est réellement capable de te garder suffisamment longtemps ? »

    - Oui. Oui. Alors, qu’est-ce que vous attendez ?

    Parce que je ne veux pas fuir. Mais je vais fuir.
    Parce que je ne veux pas de toi. Mais tu vas me prendre.
    Parce que je ne veux plus de douleur. Mais tu vas me faire souffrir.
    Parce que je ne veux plus de ténèbres. Et tu vas me perdre.
    Parce que je ne plus vivre. Et que tu me tueras.


    « C’est si simple.
    Il va le faire.
    Pourquoi ne le fais-tu pas ?
    Parce ce n’est pas moi qui le désire.
    Tu l’aimes ?
    Non.
    Pas lui.
    Je… oui.
    Tu es stupide.
    Oui.
    Tu es stupide.
    Je suis infecte.
    Exquise. Amère. Sublime. »


    Et je me rappelle, de ce jour, où je t’ai retrouvé étendu, par terre. Ivre mort. Je me souviens, je me souviens, comme si c’était hier. Là, froid, sur ton nouveau parquet suédois. Là, presque mort. Là, et sans téléphone. Sans ligne pour te sauver. Seulement un nouveau frigidaire rempli de cannettes de bières. Rempli de condiments. Seulement ça. Et rien d’autre. Une lampe à soixante-douze miles yens, une table laquée, un tapis en synthétique et une bibliothèque remplie de bibelots. Tout ceci, et rien d’autre. Rien. Rien. Rien pour te sauver. Tu étais là, frigorifié, contre moi. Tremblant. Tout contre mon cœur palpitant. Il fait froid dehors. C’était un hier blanc, translucide, comme celui-ci. Oh, je m’en souviendrais toute ma vie. Il faisait plus froid dedans que dehors. Les radiateurs devaient être changés depuis Noël dernier. Et rien ne s’était fait. Parce que tu n’as pas écouté ta mère. Parce que j’en avais rien à foutre de me les geler. Mais toi, tu étais si blanc, ce jour-là, si pâle. Ivre de froid. Ivre tout court. Presque mort. Le souffle faible, mais contre moi. Et je me suis souvenu, ce jour-là, Shin, ce jour là où tu ne m’as pas laissé mourir dans la neige. Shin, je me suis souvenue et j’ai compris. Et ce jour-là, j’ai pleuré sur ta dépouille, Shin, j’ai pleuré, pour la dernière fois. Shin, j’ai pleuré et je t’ai embrassé. Je t’ai embrassé et j’ai aspiré toute ta froidure, ta douleur et ta peine. Je n’ai rien voulu te laisser, si tu savais. J’ai tout volé, et j’ai ajouté tout cela à ma souffrance. Et tu t’es relevé, Shin, tu t’es relevé. Quelques minutes, heures, jours après, je ne sais plus. Je ne sais plus. Shin, j’ai tout volé. J’ai tout volé. C’est ce que je croyais, Shin. C’est ce que j’aurais aimé. Mais, tu étais si froid. Tellement froid. J’ai tout gardé à l’intérieur, tu sais. Tout. Je suis le siège de ta peine et de ta douleur. Tu n’en sais rien, Shin. Tu n’en seras jamais rien. Jamais cadavre n’a jamais été si glacé, parce que je suis froide pour deux. Je suis froide pour que tu souries, pour que tu me souries, encore et encore. Comme ce jour-là, où tu m’as sauvé. Jamais je ne l’oublierais. Jamais. Jamais.

    Elle frissonne. Elle sent son souffle se déverser dans contre son cou, elle sentirait presque ses lèvres lui caresser la peau. Exquise. Elle ferme les yeux. Redresse la tête fait un pas en avant et le plaque contre le mur. Les livres tremblent. Les bibelots aussi. L’étagère prête à s’effondrer. Elle est brutale. Il a sans doute mal. Peut-être. Mais elle s’en fou. Ils vont brûler cette demeure. Et d’eux, il n’en restera plus que des cendres.

    - Avant que je ne m’enfuis. Avant que vous ne consommiez tout votre air, tout votre oxygène. Avant que vous ne mouriez. Asphyxié.

    Avant que je ne m’effondre.
    Avant que mon cœur ne s’arrête.


    - Oui. C’est ce que je veux.

    C’est ce qu’elle veut.
    Et elle le vouvoie. Toujours. Et c’est tellement inapproprié. Et c’est si… réel.

    Ses lèvres. Elle s’approche. Et ce sont ses dents qui cherchent. Son épaule. Sa nuque. Elle n’est pas douce. Elle remonte. Fébrilement, son menton. Et sa lèvre. Elle aimerait le sang. Mais elle n’en a plus la force. Elle sent sa main se raidir sous ses vêtements. Lui sent son cœur s’emballer. Et elle prie pour qu’il ne s’arrête pas maintenant. Elle ne sait plus ce qu’elle veut. Elle se perd. Elle est perdue. Elle aimerait pleurer. Elle aimerait. Mais rien ne sort. Il est si beau. Sa peau est douce. Et elle, elle le mord. Elle ne veut pas de sa douceur. Elle ne veut pas du mensonge. Elle ne veut plus de tout ceci. Elle veut de lui. Elle le veut. Lui. Sans masque, sans artifice. Tout entier. Qu’il se montre. Qu’il se montre. Lui. A nu. Qu’il se montre.


    [ I worship intoxication,
    I took all the pain,
    It's an appetite that you find that you throw away.
    ]

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MessageSujet: Re: I'm not in love but I'm gonna fuck you till somebody better comes along { Ren ♥   Lun 21 Nov - 21:18

Tu fermes les yeux et tu as l’impression d’entendre une porte claquer. Au dehors. Comme si on t’enfermait. Mais c’est faux, si faux. La porte est fermée depuis le tout début, ce que tu entends, c’est des ruines, c’est du vent, c’est pour te dire que tu as pris ta décision ici, et maintenant. Alors que tout s’est dissout, tout s’est écrit à l’encre glacée sur ces murs qui vous abritent. Tu sais que vous foncez droit devant. Qu’après le choc, la sublime collision, il n’y aura plus que vos membres éparpillés, vos cadavres éventrés. Et l’odeur âcre des regrets, des peines infinies, des regrets inassouvis.

Ren, tu sais, je me demande combien de temps je pourrai continuer à mentir. A me mentir. L’abomination se terre, s’enterre et danse au fond de moi. Elle a soif, elle a faim. De ta chair, de ton sang et elle hurle à mes oreilles. C’est insoutenable Ren et si je cède, non, je vais céder, tout simplement, c’est ce que je veux c’est ce que tu veux mais je l’entends comme un écho. Plus fort à chaque contact. Plus puissant à chaque nouvelle vague de douleur. Il déchire tout ce que j’ai pu fabriquer. Soigneusement, méthodiquement. Comme un enfant qui construit un grand château de cartes, qui s’apprête à poser la pierre finale à son édifice. Et qui voit tout balayé par un souffle de vent. Vent glacé, vent givré. Et les flocons de neige recouvriront les dépouilles de ses espoirs, de ses constructions naïves, artificielles. Il ne restera plus que le papier usé, mâché, recraché, qui agonisera aux pieds de ta cruauté.

Elle approuve. Elle l’exhorte, le défie du regard, l’appelle de son corps, de sa voix et il se sent faible, il se sent plein d’un pouvoir maudit, plein d’une faiblesse sublimée par l’éclat qu’il voit dans son regard. Elle l’appelle, elle l’autorise comme elle le condamnerait. Il voit leurs rôles se confondre et c’est beau, c’est une ronde infinie, c’est leurs deux silhouettes qui s’enflamment, la sienne qui essaie de réchauffer Ren, leurs esprits soumis à ce qui sommeille en chacun d’eux. Les flammes, toujours, encore et plus fortes et plus vives et plus rouges et elle va les éteindre, il ne veut pas mais il le veut pourtant, qu’elle les anéantisse, qu’elle les avale de sa glace, qu’elle en fasse une tempête, un blizzard qui gèlera jusqu’à la dernière goutte de chaleur en lui.

Parce que c’est ce qu’il te faut, pas vrai, Ren ? Un nouveau sacrifice. Une nouvelle vie à offrir sur l’autel de ta mortelle beauté, de tes sombres pensées. Mais je peux tomber, je peux me fissurer. Je peux me relever. La flamme en moi continuera, tu sais. Elle me consume, à chaque instant parce que j’aime trop fort, trop mal et que je hais trop vite. Je ne peux pas faire taire ces pulsions, je suis encore trop faible, je suis toujours ainsi, Ren et toi, tu es là, tu peux peut-être le changer et même si je ne suis pas sur de le vouloir, je te laisserai faire. Ça te suffit, non ? C’est tout ce que tu veux. Une chaleur à laquelle t’accrocher, une soif à étancher. Je peux pas t’offrir cette vie que tu espères et on le sait tous les deux. Tu ne la voudrais pas. Pas de ma part, je le sens, confusément. Mais je n’ai pas envie de te parler, Ren. Pas avec des mots.

Et il laisse son corps parler. Le choc, sourd, la douleur sur son dos. Il sent son sang pulser durement, une veine battre à sa tempe. Il se fait prisonnier un moment, il tremble sous la morsure du froid. L’émail glacé contre son épiderme lisse. Mais ils restent blancs. Obstinément. Tous les deux. Il voudrait les colorer de rouge, de noir, de toutes les couleurs perdues dans son regard éteint. Il voudrait porter plus haut l’incendie dans son corps, le cri de terreur dans sa tête. Tout se confond et s’emmêle parce qu’elle ne lui laisse pas le choix et qu’il ne se le laisse pas non plus. Il est prêt à vendre la moindre parcelle de chaleur, la moindre goutte de bonheur. Pour gouter à cette glace qui ne se dérobe pas, pour garder un lien avec cette réalité, pour pouvoir la toucher avant qu’elle ne fonde, qu’elle ne laisse la rivière délicate de sa froideur déchue éteindre, étreindre, son corps qui se meurt.

Et tu refermes tes bras autour d’elle. Et tes mains se posent sur sa taille. Et tes doigts se faufilent sous le tissu pour effleurer, effleurer, se contracter dans l’espoir de saigner à blanc, de briser, de soigner, tu ne sais pas. Et tes ongles s’enfoncent dans sa peau, légers, alors que tu voudrais lacérer, écorcher, déchirer, cette beau trop pure, cette douceur qui cache tant de choses. Et tu voudrais voir l’intérieur mais tu t’en empêches, tu ne veux pas qu’elle gagne, pas tout de suite. Et tu te fais du mal, tu as la gorge qui se serre parce que tu gardes cette violence, en toi, que tu ne peux pas laisser de marques sur Ren, pas visibles, parce que si elle perd de sa blancheur, tu ne le supporterais pas. Et pourtant tu continues, tes doigts remontent, tu la rapproches, jusqu’à ce que son corps s’écrase contre le tien, jusqu’à ce que tu aies l’impression qu’elle pourra se fondre en toi. Et ton rire s’éparpille, se dissout dans un soupir fatigué, presque blessé.

« Tu es pressée de voir la fin, Ren. Tellement. Tu m’en fais mal. »


Physiquement, mentalement. Tu le sais Ren, évidemment. Ça ne t’échappe pas et je voudrais que tu fermes les yeux, que tu ne voies pas cette laideur qui m’étouffe, cette envie qui lui dans mes yeux. Je suis un homme Ren et je suis faible, tellement et l’appel de son corps contre le mien, de ton cœur que je sens battre, je ne saurais qu’y répondre. J’aimerais me dire que tu ne peux pas être souillée, que tu es trop pure pour cela mais j’ai perdu ma candeur d’enfant. Je suis trop lucide pour cela et même si le regard trompe, la débauche que je touche à même ta peau, que je sens dans ton impatience, dans ton souffle incandescent, ne trompe pas.


Il atteint sa limite. Une main ose toucher les cheveux noirs. A peine un effleurement, sa tête ui se baissent, son souffle qui s’écrase contre ses lèvres. Il regarde sa peau, les longs cils noirs, le visage qu’il n’a pas encore ou n’a pas voulu peut-être, observer. Parce qu’il sait qu’il lui ferait mal et il ne se trompe pas, croiser à nouveau son regard est douloureux, voir son souffle agité, voir ses traits trop fins, la beauté dérangeante et lumineuse qui se dégage d’elle, ça lui écorche l’âme et ça lui donne envie de fuir mais il ne peut pas, ne peut plus et il encaisse, il sourit. Il avale son souffle précipité, musèle son impatience, l’œil à demi-fermé, conscient d’être celui qui se brûlera bientôt les ailes.

C’est presque un soulagement, un besoin enfin rempli quand tu poses franchement tes lèvres sur les tiennes. Une chaleur glacée qui envahit ta chair, au bout de ta bouche et tu voudrais gouter davantage, tu as la gorge serrée parce que même si sa peau est glacée, elle dégage une chaleur factice, quelque chose qui te jette ta faiblesse au visage, qui te montre que quoi que tu fasses, tu auras tout faux, que peu importe combien tu te débattras, tu n’en sortiras pas indemne. Vivant, peut-être. Mais pas comme avant jamais et tu ne le veux pas parce qu’elle t’aura marqué, elle aussi et c’est peut-être mieux, c’est surement ce que tu souhaitais. Tu es comme elle et c’est sans doute le pire. Vous voulez vous blesser le sourire aux lèvres, vous détruire l’âme en joie, l’esprit en furie, le corps en émoi.

Hey, Ren. Quand je t’embrasse, j’ai l’impression de totalement me perdre. C’est davantage qu’une danse endiablée, que le gout de cigarette qui roule sous ma langue, que la douceur soyeuse de ta bouche. J’ai l’impression que tu avales mon souffle, que je te l’offre les yeux fermés, que tu prends quelque chose. Mais que tu ma laisses quand même là, pantelant, parce que je ne mérite peut-être pas que tu me tues tout de suite. Les quelques mots que tu m’offres, ils me trottent dans la tête, ils me bousillent ma tranquillité d’esprit. Ce qu’il en reste. C’est toi qui m’asphyxies Ren et je ne me sens ni la force ni l’envie de lutter. C’ets le pire mais c’est ce qui me maintient en vie, là, tout de suite, c’est tout ce que j’attendais, tout ce que je voulais et tout ce qui devait arriver. Depuis que je t’ai vue, depuis que j’ai voulu t’offrir ce trop-plein de chaleur, en moi.

« Mais je ne te laisserai pas t’enfuir. Pas maintenant, tu sais ? Pas encore, le temps viendra. »

Celui où il déclarera forfait. Celui où la laissera repartir et où il prendra une autre direction lui-même. Parce qu’il le faut, que ce sera leur réel accomplissement. Des chemins qui se séparent, après que tout se soit consumé, qu’ils aient sombré. Une longue déchéance, une triste chute qu’ils auront essayé d’embellir de leurs corps déliés, de sa passion déchainée, de quelques instants volés. Avant que tout n’éclate en morceaux, que leur peau ne soit égratignée et que leur sang ne se mêle.

Ta tête s’échoue contre son cou, tes lèvres embrassent la peau pâle. Une douce violence, le soulagement à vif de voir qu’elle est toujours là. Tu voudrais planter des dents dans sa chair, sentir son sang s’écouler sur tes lèvres, vous peindre de sa couleur écarlate. Un tableau enchanteur et imparfait, sur les cendres d’une passion consumée. Tu as envie de la blesser, parce qu’elle le veut aussi mais tu te retiens, tes mains préfèrent plutôt la mettre à nu, alors que tes lèvres découvrent, voyagent, se posent sur sa clavicule dévoilée. Tu sens les os, dureté contre la soie de sa peau. C’est presque inconvenant et ça te met mal à l’aise, un peu. Ta propre envie de violence te saute aux yeux, te fait mal parce que ne veux pas t’autoriser à être ainsi, tu te trouves abject mais c’est ce qu’elle veut voir, c’est ce qu’elle semble t’ordonner par son corps qui se serre contre toi, par la provocation qui se dégage d’elle.

Ren, tu sais, je ne suis pas comme ça. Pas vraiment. Pas toujours. Mais ce que tu éveilles en moi, c’est inhumain. J’ai peur de le nommer. Ce n’est pas de l’amour. C’est plus et c’est moins à la fois. Je ne sais pas, je n’ai jamais su, même au tout début et c’est pire, tellement. Je m’embrouille, je me perds moi-même. Je sens que tout m’échappe et que cet homme que je vois dans ton regard, ce n’est pas vraiment moi. J’ai l’impression de me modeler selon tes désirs, j’ai l’impression de suinter de toute cette souffrance, de toute cette violence, de toute cette chaleur, que tu sembles vouloir. Pour répondre à tes requêtes. Pour hisser plus haut ces parts de moi qui te touchent le plus. Ce n’est pas moi et c’est pourtant moi Ren, je me sens comme un étranger qui se redécouvre et qui se rend compte que c’est bien lui, de l’autre côté du miroir et qu’il n’a pas besoin de chercher davantage.

Les marionnettes trop longtemps utilisées finissent par se briser. Il se demande instant qui tire les fils de leurs mouvements désordonnés, qui garde son regard cruel sur leurs âmes tourmentées. Ils n’auront de cesse de se briser face aux éclats d’une douleur qu’ils s’inventent, qu’ils partagent. Entre feu et glace parce qu’ils ne trouvent pas le juste équilibre, non non, parce qu’ils sont incapables de s’en contenter, parce qu’ils sont humain, tout simplement. Désespérément. Et il a besoin de sentir son corps contre le sien, sans barrières, seulement son épiderme froid, la pâleur de sa peau, cadavres en sursis, courbes fuselées et douces, harmonie fade et sublime.

Boum boum boum.
C’est ton cœur qui martèle, c’est ton sang qui fuit, torrent brûlant.

Boum boum boum.

C’est ta conscience qui voudrait se réveiller mais qui ne peut pas, ne peut plus et qui s’enterre.

Boum boum boum.

C’est le bruit de son cœur qui bat sous ta paume, alors que tu as envoyer valser son vêtement, pour pouvoir toucher sa peau sans contrainte, pour t’aveugler de la blancheur éclatante de son épiderme.

Boum boum boum.

C’est ta lente luette contre toi-même, ton abandon.

Et il se laisse glisser, garde contre lui son corps frigorifié pour y insuffler sa chaleur. La tendresse s’en est allée de ses gestes. Il ravage se bouche de baisers brûlants, plaque sa silhouette éthérée contre son corps en feu, respire à plein poumons son odeur entêtante. La douce fascination du début s’en est allée. Il laisse place à ses envies, à sa propre faim, parce que c’est qu’ils veulent, tous les deux et qu’il peut bien la briser, un peu, à sa façon.

Ce sera le prix à payer. Un sacrifice pour une vie offerte. Au fond, c’est pareil.

Ren, le miroir me renvoie ton reflet. Je crois que je deviens fou. C’est peut-être juste une vitre, une prison. Ce qui nous sépare.
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Ren Kimyona
DARKER THAN BLACK.
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Got a Secret ;
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■Classe Sur Frenesis: Blaster.



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MessageSujet: Re: I'm not in love but I'm gonna fuck you till somebody better comes along { Ren ♥   Lun 20 Fév - 3:06

and i’ll burst in the sin ¶



    Smoking :
     

    On est comme ça. Comme un paquet de cigarettes écrasé. Broyé contre le sol. Abîmé et oublié. Elle est comme ça. Rongée et carbonisée. Récupérée puis brûlée. Avalée par des gorges dépravées. Pauvres et misérables. Qui ont fouillés toutes les poubelles du monde juste pour trouver. La trouver. Elle. Un quelque chose. Une dose en plus. Un jeu en plus. Elle est comme ça, un cadavre oublié. Un énième. Qui recherche la vie pour trouver la mort. Retrouvée par des types qui n’en vaillent pas la peine. Baisée et écrasée. Une vraie catin. Papier cigarette en plus. Fine et légère. Atrocement fragile. Qui se consume comme la braise qui irradie du bout de ses doigts. C’est un bâton de glace en réalité. Un morceau de stalactite brisé qui attend dans le froid. Qui oublie où est sa place. Qui ne l’a peut-être même jamais su. Elle est comme ça, et elle brûle. Brûlée par un autre qui la tien à peine et fébril. Ouais, on la brûle. La consomme. Doucement. Son corps, c’est un bâton gelé, une antiquité glacée. Qui fond doucement dans le givre. Avalée par des hommes trop forts pour elle. Trop lourds pour elle. Trop grands pour elle. Elle, c’est une poupée des temps modernes. Un jouet fragile et sauvage. Indécent, modèle cadavérique poids inexistant. Terriblement frêle dans son corps d’enfant. Elle est fine et douce. Dualité. Corps porcelaine-cigarette. Blanche ivoire. Trouble fumée. Encre noir. Tâche. Noir sur blanc. Rien que ça. Qui pénètre. Ronge et abîme ce qu’elle trouve. La moindre substance qu’elle frôle. Organique ou non. Trouvée et maltraitée. Elle s’immisce, s’imprègne des organes. Crée la dépendance et fait doucement mourir les corps. Elle emprisonne de l’intérieur et tue. Doucement.
    Femme vitriol.

    Tu sais, je brûle. Tu vois, tu me brûles. Tu me brûles. Tu ma fais mal. Je me sens défaillir sous tes doigts, sous tes mains. Et ça me rend folle. Mon corps se consume. Juste entre tes doigts. Comme cette cigarette morte sur le tapis. Comme ces cendres qui refroidissent contre la laine. Bientôt, je n’existerais plus. Mutilée. Ecorchée. Bientôt je mourrais. C’est une certitude. Le temps ne s’arrête pas. C’est un mensonge. On ne peut pas le rattraper. C’est un mensonge. Le temps ne se figera pas. Et je ne m’arrêterais pas de mourir. Jamais. Le temps passe et nous rattrape, et je me consume, doucement. Je sens le mal faire effet de l’intérieur. Tu sais, tu ne fais qu’accélérer le processus. Le temps ne s’arrêtera pas, rien ne peut vraiment arrêter le feu éthéré. Rien ne peut réellement arrêter l’avion qui se crash en plein vol. Rien. Et, je vais te dire, c’est l’impression que j’ai. Toi contre moi. Cette sensation qui me prend aux tripes. C’est un subtil mélange d’ecstasy et de propane. Tu m’entends, je sombre dans un ciel noir. Je sombre et je fonds sous tes doigts. Je suis l’avion en vol auquel on a arraché les ailes. Je fonds sous tes doigts. Je brûle dans ce ciel sombre, si sombre. Et je cherche la lumière, tu sais. Je cherche la lumière sous tes doigts. Un feu pour me réchauffer, mais tu es trop chaud. Tu es ardent. Et tu fais mal. Tu as fais exploser le carburant de mon cœur. Tu as fais exploser l’essence faisant tourner mes rouages. Tu m’as fait exploser en vol, et je sombre sur ton tapis de laine. Je m’effondre, chaque pièce de ma carcasse s’écrasant sur ton corps ardent. Je sombre. Déchiquetée. En morceaux. Je sombre. Et je m’enlise en toi. Je sombre.
    Tu es le terroriste. La bombe. Les cris et le sang.


    « Tu divagues.
    J’aime cette sensation.
    Ton esprit n’est plus clair. Tu ne vois plus.
    Je suis aveugle.
    Ouvre les yeux.
    Je suis aveugle. Je ne vois que dans le noir.
    Les ténèbres ne sont jamais partit. Ouvre les yeux. »


    Fait-moi exister.
    Encore. Encore. La pression est trop faible.
    Fait-moi exister.
    Encore. Encore. Vous n’en aurez jamais assez.
    Fait-moi exister.
    Encore. Encore. Encore. Encore.
    Fait-moi exister.

    Le monde est sombre et cruel. La lumière n’existe plus.
    Les larmes n’existent plus.
    L’encre et l’eau ne se mélangent pas.


    I write on your skin how much I love you :
     

    Ses mains outrepassent le tissu. Juste sur sa peau et la frôle. Elle tressaille. Le moindre de ses muscles qui se contractent sous son contacte. Chaleur puis froid. Intense. Elle connait cela. Elle connait. Elle n’est plus elle-même. Elle se sent faible et vulnérable. Elle s’accroche à ce qu’il lui reste. A lui. Elle passe ses propres mains contre ses côtes à lui. Passe ses doigts fins. Sent la brûlure. Rien ne changera vraiment. Au fond, il n’y a que violence. Elle la sent et la ressent. Là. Encrée tout au fond de lui. Cette violence qu’elle ne cesse de lui hurler. De lui soutirer. Sa peau contre la sienne. Et ces hurlements plaintifs qui restent coincés au travers de sa gorge muette. Aime-moi. Brûle-moi. Hais-moi. Châtie-moi. Il serre et enserre. L’enferme et l’emprisonne. Lui ronge l’épiderme comme le ferait un vautour. Un corbeau. Lui ronge l’âme comme il lui rongerait la chaire. Elle se sent partir. Doucement. La fièvre. Il n’y a rien mais elle imagine. Elle imagine et une vague de plaisir morbide l’envahi. Elle se veut morte entre ses bras. Elle veut mourir écrasée, contre lui. L’épave de son cœur à l’agonie. Corrodée par le désir et l’envie.

    « Tu es pressée de voir la fin, Ren. Tellement. Tu m’en fais mal. »

    Laisse sa trace. Brûlure au troisième degré. Lettres de cendre.
    C’est notre vie, et elle s’achève minute après minute.


    « Il rit.
    Il se ment à lui-même.
    Désespoir hystérique.
    Il s’étouffe.
    Tu le ronges.
    Il n’a besoin de personne pour s’empoisonner.
    Il se meure.
    Nous sommes tous en train de mourir. »


    C’est lorsqu’il pose franchement ses lèvres sur les siennes qu’il se sent bouillir. Il te musèle. Sa gorge en cendre qui gémi et s’extasie. T’empêche un nouveau mot. Ses lèvres qui s’effritent sur cette peau trop lisse. Qui dérape et se perd. Parce que tu es trop. Son souffle qui se confond au sien. Cet air aride qu’elle sent s’écouler au fond d’elle. Au fond de sa gorge. Cet air qui rentre en elle et la bousie tout de l’intérieur. Parce que tu seras toujours trop. Tu fais mal. Qui irradie son corps, fait rougeoyer sa trachée. Meure dans ses poumons. Se greffe et empoisonne. Et il n’en peut plus. Qui passe dans son sang pour refaire le même chemin. Cyclique. Carbonique. Tu es poison et tu asphyxie. Belle enfant. Passe dans ses artères, lui fait le même effet qu’une drogue dure. Puissante et violente. Elle s’enlise. Et il te veut avant de mourir en toi.

    I find it very difficult to understand what is going on these days :
     

    C’est ce qui arrivera. Pas vrai ? C’est comme ça que ça va se finir. Bel inconnu. Je frémis tout contre toi. Ta peau et ton sang se greffe à mon corps. Tu t’enlises en moi. Et je fonds, doucement. Putride. Je t’embrasse. Goûte ton air et me laisse intoxiquer par ton doux sulfure. Mon esprit s’élide et s’efface. J’arrête de penser. Mon esprit se vide. Et ce sentiment me subjugue et m’effraie en même temps. Je ne suis plus moi. Je suis un corps. Tu vois, un corps à l’agonie. A l’abandon. Un corps que tu serres tout contre toi. Une marionnette. Que tu recueilles et nourries d’air vicié. Mon cœur bat contre le tien, roulements incessants, irréguliers. C’est douloureux, un peu, tu sais. Ca fait mal et ça empêche de fermer les yeux de rêver. Ce n’est plus un problème, mais je me sens frémir contre toi, et ces sensations m’entrainent dans une danse que je m’efforce d’oublier. J’ai envie, et j’ai peur. Tu m’embrasses et j’ai l’impression que tes dents viendront me lacérer la gorge, s’enfoncer dans ma chaire et me soutirer ce qu’il me reste de chaire. Tu me brises tu sais, tu me brises et tes ardeurs me fond mal. Mais c’est ce que je veux. Toi. Tout ce que je veux. Ne pense pas t’arrêter là, non, n’y pense pas.

    Et cet acide me ronge au fond de moi.

    Et il se détache. Ils se regardent et ils se voient. De l’intérieur. Ils se regardent et elle s’attarde. Son visage fin. Peau nippone impeccable, blanche. Elle le regarde, et elle le voit. C’est simple mais déjà formidable. Ses doigts se déposent sur sa peau, caressent sans vraiment s’y méprendre. Passent le long de ses joues, remontent jusqu’à son unique iris. Temps mort. Mensonges ? Peut-être. Quelques secondes loin du jeu, ou trop loin de la réalité, qui sait. Ses mains ne tremblent pas, passent sur le bandeau couvrant son œil. C’en est déjà beaucoup trop. Elle ne le connait pas et veut déjà connaitre ses secrets. Tout lui prendre, lui voler. Le vider de sa substance. Tout entier. Qu’il ne reste plus rien de lui qu’une dépouille dépravée vide et solitaire. Ces choses qu’il cache, elle les désire. Ces choses qu’il ne voudra pas lui offrir, elle les voudra. Les réclamera. Lui extorquera. La vue est bloquée. Ce qu’il ne montre pas lui appartient. Elle attrape le tissu et le délie doucement dans un dernier souffle précipité. Bandeau de satin. Œil borgne. Temps maudis. Elle n’a pas le temps d’admirer ce qu’elle lui a dérobé qu’il lui dévore le cou. Et elle sent le sang. L’attend et le sent battre dans sa veine. Elle voit des images qui se déchirent. Son corps se diviser contre lui. Elle voit le carmin se déverser lentement sur sa peau éclatante. Elle voit tout cela et en oublie qu’elle rêve presque. Elle ne comprend plus. Ne cherche plus. Attend la douleur que lui offriraient ses crocs. Que sa peau se délie de ses os. Que plus rien ne tienne en ensemble. Qu’elle se défragmente. Qu’elle s’écrase et fasse tout brûler. Les fasse se consumer. Disparaitre ensemble, dans la fumée.


    « C’est un jeu et tu l’emporteras avec toi.
    Un jeu d’enfants.
    Docteur ou princesse ?
    Où va-t-on ainsi ?
    Son baisé ne te réveillera pas. Il te plongera dans des limbes plus profonds encore.
    Je ne trouve pas ma place.
    Elle n’est nulle part.
    Je ne trouve pas ma place.
    Regarde derrière. Tout en toi est déjà mort.
    Je n’ai plus de place.
    Tu n’es plus. Tu ne seras plus.
    Jusqu’à la prochaine pluie d’étoiles.
    Jusqu’à ce que le monde devienne brasier. »


    No dreams :
     

    Et tu t’écrases. Meure et vibre contre son corps.
    Bang.
    Bang.
    Bang.

    Rien n’a de sens. Tout s’emmêle et se contredit. C’est dur. C’est violent. C’est entêtant. Ca n’a plus de sens. Plus de sens. Tout s’entremêle, crée un paquet indissociable. Réseau de fils maladroits et désordonnés. Son esprit souffre d’artifices contradiction. Feu et glace. Envie et peur. Destruction et guérison. Vie et Mort. Tout s’entête à perdre son sens. Les mots défilent, les son, les images, les odeurs, tout défile, perd son sens, sa légitimité. Elle ne comprend plus parce qu’il n’y a rien à comprendre. Et la question. Pourquoi ? Pourquoi tout ceci ? Pourquoi comme cela ? Pourquoi son cœur s’est-t-il arrêté de battre à la seconde où il l’a vu ? Pourquoi a-t-elle décidé d’en faire son bourreau ? Pourquoi a-t-il accepté son fardeau et ses caprices ? Pourquoi accepte-t-il de succomber à son tour entre ses bras ? Pourquoi tant de violence dans ce simple acte. Pourquoi tant de peines et de remises en questions ? Pourquoi ? Pourquoi la haine avant l’amour ? Pourquoi l’amour ? Pourquoi devaient-ils se prendre, ici et maintenant ?

    Tu me fais l’effet d’une bombe. Tu me fais l’effet d’un désastre. D’un village dévasté. Des cendres et des lamentations. Des cris et de pleures. Tu me fais l’effet d’une déflagration dans le ciel. D’un nuage toxique. D’une mort brutale et sanguinaire. D’un feu, d’un holocauste. Tu me dévoiles toute la cruauté humaine et plus encore. Sous ton corps, sous ta peau, ta brutalité m’entête et me fait du bien. Me fait mal. Me fait ouvrir les yeux. J’ai des images délicieusement sordides. Des enfants explosant sur des mines, des grenades explosant dans des mosquées, des bombes explosant dans le ciel. C’est horrible et nécessaire à la fois. Je sens la terreur du monde sous tes doigts et me yeux se referme. Mon corps se dénude, trop maigre, ce corps malade qui me traine sur cette terre souillée. Tu le dévores. Expérimentations, je mute. Me cambre sous tes doigts. Et je vois des images sales. Impropres. Elle me fond mal et me dévore l’esprit alors que tu me dévores le corps. Mes yeux sont fermés. Je ne veux rien voir d’autre. Il y a dans ce monde assez de peur et de terreur pour jouir des millions d’années. Je ferme les yeux et me laisse suffoquer sous ton étreinte. Tu me dévores. Tu me dévores. Me laisses mourir entre tes bras. Tu t’en fous de moi. Et je vois des sous-marins exploser des paquebots, des mitrailleuses exploser des bidons d’essences, des chaumières brûler doucement et des enfants qui hurlent. Ce monde qui s’ennui. Ce monde qui se fait mal. Qui se détruit et s’empoisonne. Je le sens sous tes doigts. Je le sens, juste toi contre moi. Je le sens et mon corps sature de toi. Sature et en redemande plus encore. Plus encore.

    « Mais je ne te laisserai pas t’enfuir. Pas maintenant, tu sais ? Pas encore, le temps viendra. »

    C’est comme s’il avait tout comprit. Et qu’il passait à côté. C’est comme s’il savait exactement où il allait et faisait exprès de se perdre, emprunter la mauvaise route les yeux fermés. Comme s’il fonçait dans les murs seulement pour ressentir la déflagration contre son si beau visage. Sentir sa peau si blanche rougeoyer d’un carmin acide, voir ses traits si fins se crisper et s’évanouir dans les dernières lueurs de lumières, les dernières bouffées d’oxygène. Jusqu’à suffoquer et s’étouffer. Jusqu’à en mourir, absurdement. Mourir à cause d’un simple caprice.

    J’ai envie. J’ai envie. Tellement fort. Tellement ardemment. Tu ne peux pas savoir, tu ne peux pas ressentir. Sentir. Cette énergie m’effraie, si puissante dans ma poitrine. Cette violence qui me prend toute entière. Ces baisés que je goûte avec exaltation. J’ai l’air folle. Démente. Un animal. Mais je pleure à l’intérieur. Je pleure. Mais mes yeux restent secs. Toujours. Je pleure et mes lèvres s’emparent des tiennes, j’embrasse avec la même fougue que toi. Je joue le jeu de ta cruauté. Je joue et me laisse faire. Je serais ce que tu désires pour avoir ce que je veux. Mes mains fébriles défont tes boutons uns à uns, mes bras qui s’emparent de tes clavicules et mon corps qui se brise à nouveau contre le tien. Peau contre peau. Vraiment peau contre peau. Je ne t’aime pas. Je ne t’aime pas mais les choses se feront ainsi. J’en veux plus, encore plus. Me sentir m’en aller avant même le final. Te sentir prêt à exploser sous mes doigts avant même que tu n’ais pu réellement m’entre-apercevoir. Toujours le même jeu, je mords. Ta gorge. Cherche et trouve. Aussi fort que me le permet mon souffle, ton étreinte. Je mords et je t’inflige mon poison à moi. Morsure de glace. Te mords pour te faire comprendre. Comment toi tu me réduis en cendres. Comment toi tu me ronge de l’intérieur. C’est peu. Et c’est résolument pitoyable comparé au mal que je me fais. Mais ton sang m’effraie. Je ne veux pas déchirer cette ligne d’amour simulée. Celle des amants endiablés, enragés. A quoi on ressemble, tout les deux, comme ça ? De quoi on a l’air, de l’extérieur ? Personne ne peut comprendre, je sais, personne ne peut voir combien on souffre, tout les deux. Combien on se bat pour essayer de frôler la surface, tout les deux. Essayer de ne pas définitivement sombrer. Il suffisait d’une excuse, une simple excuse pour se laisser aller. Trouver un prétexte. Et se laisser envahir par les flots. Juste laisser notre corps sombrer, trouver son poids, son boulet pour se laisser mourir en bas. Et je crois que je t’ai trouvé. Délicieuse excuse.


    « Tu t’acharnes. Il ne restera rien de lui.
    C’est un prix à payer.
    Tu l’emporterais pour avoir ton compte ?
    Je lui laisse mon corps.
    C’est abjecte, Ren.
    C’est de la démagogie.
    C’est de la prostitution.
    Pas avec un cadavre. »


    Il reste une chose. Un seule petite chose. Une chose qu’elle ne lui a pas soutirée, encore. Ses yeux. Deux mains arrachées à un baisé de fièvre. Sa tête tout contre la sienne. Et regarder, découvrir. Avant de le mettre à nu.

    Mais, dis-moi, après tout cela…
    Qu’est-ce qu’on va faire, tout les deux ?


    Murder Victim :
     

    Il y a quelque chose de terrible dans le fait de savoir quand on va mourir.

    [ It's unfortunate that when we feel a storm,
    we can roll ourselves over when we're uncomfortable
    Oh well the devil makes us sin
    But we like it when we're spinning, in his grin.
    Love is like a sin my love
    For the one that feels it the most
    ]



    © David Lynch. Estampes. Man Walking From Dreams.
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I'm not in love but I'm gonna fuck you till somebody better comes along { Ren ♥

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