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[Une Vodka à la Fraise - Jeu de claquettes sur ton tombeau] -[PV: Aloy']



 
LA V2 EST ENFIN LA..HIP HIP HIP HOURRA ♪(ノ´∀`*)ノ DE NOUVELLES SURPRISES VOUS ATTENDENT. ~

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 [Une Vodka à la Fraise - Jeu de claquettes sur ton tombeau] -[PV: Aloy']

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Max Jackhammer
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MessageSujet: [Une Vodka à la Fraise - Jeu de claquettes sur ton tombeau] -[PV: Aloy']   Mer 30 Nov - 22:35







Une vodka à la fraise fait l'idiote dans son verre, Max dans le brouillard, un regard vague. Accoudée au comptoir, dépitée de fatalité, admirant les glaçons qui dansent tout au fond de son breuvage. Un soupire. Depuis combien de temps est-elle ici, attendant sa venue? Faut-il compter en heures? en minutes? Le verre vide, descendu aussi vite que venu, claque sur le bar, un regard envoutant à l'adorable serveur. La voisine qui inonde salement ses chaussures des plus délicieuses aigreurs gastrique de déprime. Le vodka n'est pas supportée par toutes les dames. Un nouveau soupire voilà que le monde s'agite autour d'elle pour quelques traces de gerbe. Dire qu'elle n'attendait que son photographe. « Il semblerait que le temps soit enfin en notre faveur! Je serais heureux de te revoir Max! Je te donne rendez-vous devant l'entrée du Parc d'Ueno, c'est le seul quartier que je connais ici! » Maxime, le photographe de l'avion. Un bel homme, bien sous tous rapports. Vous savez ce genre d'homme dont toutes les mères pourraient rêver pour leurs petites écervelées, un de ses hommes où l'on peut voir l'ambition emplir un peu plus ses veines à chaque pas vers son projet. Un homme de passion et de principes, tout à fait respectable.. Peut-être même un peu trop... Il était plutôt gentil, bien qu'un peu efféminé, l'homme idéale pour passer une bonne soirée, non? Depuis son arrivée plutôt mouvementée sur le sol japonnais, notre américaine n'avait pas trouvé le temps de profiter. Logement, laboratoire, organisation, explications, complications... Le bonheur du nouveau départ. Alors cette proposition, elle ne pouvait se permettre de dire non. Et pourtant... Il n'est jamais venu.

Noyée son chagrin inexistant dans un verre d'alcool, regarder la foule qui valse autour d'elle dans ce bar de coin de consolation. La place du comptoir est un délice pour les yeux, un observateur pour l'envie. Tableau de population qui s'enivre, déversant la niaiserie ou l'amertume d'une vie maussade. Comme cette femme, la voisine qui venait de retapisser les chaussures de Max. Pauvre femme d'après son récit à l'adorable serveur c'était encore une histoire d'homme. Robe tachée, sourire crispé et un peu d'eau. C'était un carnage. Il était temps de rentrer. Mais dans la beauté de la nuit il y avait la pluie. Une tempête de fatalité, un sourire sincère. Soirée sans saveur! La demoiselle attrapa son manteau et salua l'assemblée des désespérées, irradiant d'un sourire amusé ces beaux naufragés. Le ciel était gris, la pluie caressant son visage rougit d'ivresse, elle poussa un léger gémissement, complainte de plaisir, caressant lentement ses lèvres du bout de ses doigts envieux. Ces talons claquant les pavés d'une ruelle inconnue, la poupée d'une nuit continua son chemin sans se soucier de l'arrivée. Ce n'est que devant le grand portail qu'elle comprit. Le cimetière. Véritablement improbable comme soirée, non? Un nouveau sourire capitulant, elle remonta sa robe, déchirant la couture pour pouvoir grimper, escalader le mur. Ce n'était pas une chose aisée sur ses talons, mais elle atterrit de l'autre côté dans la flaque de boue. Elle n'était plus à ça près. C'est sans doute mieux que l'odeur du dégueulis. Doucement elle remonta l'allée principale, admirant la beauté de certaines sépultures, puis le chemin devint bien trop glissant, elle sauta sur l'une des tombes, d'un bond félin. Entendant ses talons claqués, elle se pencha vers l'avant. Amusant, très amusant. Elle recommença doucement, une fois puis deux. Naturellement elle se mit à sourire, chantonnant en riant, sautant de tombe en tombe, claquant, glissant, s'accrochant à l'ange qui fait l'angle:

♫~Sometimes I feel I've got to... Run away I've got to... Get away ♫... From the pain that you drive into the heart of me ♪... The love we~♥


La valse continua le long des allées, toujours plus tournoyante, chantante. Complètement trempée, le maquillage qui a tourné, dérivé, le souffle court. Le sourire à ses lèvres bleues. Il finissait par faire froid ce soir. De nouveau elle vint caresser ses lèvres, s'approchant d'une cabane. Habitation? Solitude? Compagnie improbable? Il lui faudrait le découvrir. D'un pas amusée, elle arriva devant la petite porte de bois. Le temps avait eu raison de sa beauté. Elle toqua trois fois continuant de fredonner sa chanson du bout de ses lèvres glacée. Puis elle s'approcha de la fenêtre cherchant signe de vie dans l'ombre de la bâtisse. Il n'y avait rien de visible, elle claqua sa langue et déposa la main sur la poignée. Une chance sur deux. La porte n'était pas fermée à clé. La danseuse de ballet pluvieux s'avança lentement dans l'encadrement de la porte pour finalement se retourner à la hâte sans prendre le temps d'observer les lieux, faisant dos à la grande salle. Un jeu? Oui c'était un jeu pour elle, un de ces jeux, petits défis personnels. Ne pas savoir ce qui pourrait s'offrir à nous. Une personne? Ou le néant? Elle se mit à rire en s'imaginant l'homme qui pourrait venir charmer sa nuque, chuchotant je ne sais quoi dans son dos, s'approchant sans qu'elle ne puisse le voir. A ses rêves impossibles, qui nous fait plaisir d'imaginer. Caressant la carapace craquelée de peinture usée de la porte devenue bien grande, elle poussa un léger gémissement, comme pour geindre de froid et d'impatience, susurrant d'une voix amusée et incertaine, le souffle toujours saccadée de sa danse effrénée:

Il n'y a personne.. N'est-ce-pas? Personne capable de chasser le froid pour m'offrir d'autres frissons...

Et Elle se mit à rire une énième fois, comme si c'était possible, hein? Douce Max, tes jambes tremblent de froid, ton dos se cambre légèrement sous l'emprise glacée de tes affaires... Douce Max.


Dernière édition par Max Jackhammer le Mar 6 Déc - 6:08, édité 1 fois
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Aloysius Attenborough
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MessageSujet: Re: [Une Vodka à la Fraise - Jeu de claquettes sur ton tombeau] -[PV: Aloy']   Ven 2 Déc - 4:08



Depuis maintenant une bonne
dizaine de minutes, je sentais un regard pesé sur moi. Un regard sombre,
investigateur et prêt à m’en mettre plein la gueule. C’était assez
inconfortable et je sentais en moi remonter de vieux et pénibles souvenirs de
l’époque où je passais ma vie à regarder derrière mon épaule, persuadé qu’un
fusil de sniper était pointé sur moi et qu’il n’attendait qu’un signal ou un
dérapage pour presser sur la détente et m’expédier dans l’autre monde sans plus
de cérémonie. Maintenant, ce petit point rouge, ce laser visé sur mon front, me
faisait frémir et les poils de mes bras se dressaient bien plus souvent qu’à
l’accoutume. La perspective de la mort m’avait parue plus effrayante et proche
que jamais. Qui pouvait m’en vouloir après tout ce temps ? Qui pouvait être
capable de remonter jusqu’à moi malgré tout les efforts que j’avais déployé
pour disparaitre ? Dans un sens c’était assez flatteur qu’on se souvienne de
moi et qu’on tente par tous les moyens de me supprimer.

Confortablement installé dans mon nouveau modèle de cercueil en bois d’acajou
d’une épaisseur de 22mm et tapissé d’un épais velours mauve, je songeais à
tromper la mort une nouvelle fois. A force, il (Oui, la mort est un mâle, mais
un mal nécessaire) devrait m’en vouloir. Je pourrais tenter de prendre mon
tortionnaire par surprise et enfin mettre le doigt sur le nœud du problème.
Seulement, j’ai beau être le meilleur assistant et compagnon de la Faucheuse,
tôt ou tard, il comprendra que je me moque de lui et m’emportera dans ses abymes
éternels. La mort ne pardonne pas. Et il y a toutes les chances qu’en cherchant
à savoir qui veux ma mort, je la trouve et tombe nez à nez avec le canon d’une
arme à feu, encore fumante après le dernier coup qu’elle vient de porter.

-Ne me sous estime pas, hurlais-je pour
couvrir le bruit de la pluie et des volets battants contre les murs, en riant
aux éclats.

Au dehors, la pluie formait un rideau opaque, prêt à dévorer l’impudent qui
oserait poser le pied sur son territoire. De nombreuses flaques d’eaux se
formaient petit à petit dans les nids de poules et les creux que je n’avais pas
eu le temps de refermer. En sortant avec précaution ma tête du cercueil, je
regardais par la fenêtre et dans les petites mares où se reflétait un ciel menaçant
aux nuages narquois et diaboliques. Apocalyptique. Magnifique. A l’envers
aussi. C’était le moment où jamais. De toute façon, je serais vite fixé sur le
temps qu’il me reste à vivre. Si quelqu’un voulait me tuer, là-dehors, me
cachait dans mon jardin secret ne me sauverait pas longtemps.


Je me balançai alors de gauche à droite, comme sur un vieux rafiot pris dans
une tempête, et réussis enfin à retourner ma carapace de bois sur elle-même
pour ramper jusqu’à la sortis. Ce que je n’avais alors pas imaginé, c’était
qu’il n’était pas prévu que les locataires de ses lieux aient besoin de
respirer et puisque les concepteurs n’étaient pas capable d’imaginer tout les
cas de figures, j’étais plongé dans le noir incapable de me repérer et de
savoir où j’étais et où je devais allez. Privé de mes sens, je me déplaçais à
l’aveuglette en espérant ne pas me cogner. Au moins, les tortues n’ont pas ce
genre de problème, elles. Même avec ça sur le dos, elles sont capables de
manier le sai ou le nunchaku et avec brio de surcroit.


Après plusieurs échecs cuisants traduisibles par des hématomes et des bosses
dues à des murs ou meubles mal placés, je parvins à me mettre à couvert et,
drapé dans un manteau trop long et en piteux état, je suis forcé de le
reconnaitre, j’ouvris la porte de derrière pour prendre mon bourreau à revers
et me tranquilliser l’esprit autrement qu’avec cette pipe à opium que je fumais
depuis, je crois, le début de l’après-midi. Mais celle-ci devait se briser net
– une mise en garde ? – lorsque je chutais au sol, dérapant sur le sol boueux
qui entourait dès lors ma modeste cabane. Le vendeur m’avait affirmé qu’elle
était taillée dans un os humain, un fémur. Une cuisse de poulet aux yeux
d’Hannibal Lecter. Dommage. Je doute qu’elle soit réparable.

‘’ Vous ne trouverez pas mieux, où que vous
cherchiez, car cette pipe est née pour vous. ‘’ m’avait-t-il affirmé
tout de go, quand je lui avais fait part de mes intentions.

Avec ce sentiment d’oppression, cette adrénaline affluant dans mon sang, cette
peur qui me dévorait de l’intérieur et me maintenait en éveil, vinrent aussi
les mécanismes que m’avaient forgés pendant des années l’idée qu’un jour ou
l’autre, ma victime serait la dernière et qu’elle retournerait mon arme contre
moi, mes doigts se serrèrent sur le manche d’un couteau de chasse que j’avais
naguère ramassé dans ma cuisse, suite à une énième rixe. Le plaisir d’ôter la vie
me revint en mémoire et une seconde fois, je ne pus retenir un fou rire qui me
plia en deux, un rire comme rien d’autre que la mort ne peut offrir. Lorsque
qu’une chose m’arrêta soudain. Seules deux choses pouvaient m’arrêter dans ces
moments là : la mort, enfin, ma mort et la surprise. Il n’y avait jamais eu
d’échos ici, dans mon cimetière. Jamais, nulle part. Et pourtant à ce moment
là, j’aurais juré sur ma tête que j’entendais des rires autour de moi. Aussi
sûr que je m’appel Aloysius…hm… Enfin, j’en étais absolument certain.


-Vous savez à quoi l’ont reconnais qu’un lépreux
vous envois une lettre ? demandais-je au fantôme qui manifestement
s’était épris de moi.

N’obtenant pas de réponse, comme je m’en doutais un peu, je m’avançais en
relâchant quelque peu l’emprise sur l’arme.

-Au bout de langue colée sur le timbre !
répondis-je en élevant un peu la voix et cherchant du regard où se trouvait
l’âme égarée.

Au loin, j’étais sûr d’entendre quelqu’un en train de fredonner un air. En
tendant l’oreille, on devinait qu’il s’agissait non pas de japonais, mais
d’anglais, avec un étrange qui n’avait rien de tokyoïte. Seulement, la pluie
m’empêchait de comprendre le sens des paroles. Tout ce que je pouvais garantir,
c’était qu’il s’agissait d’une voix féminine ou en tout cas, très douce, qui
contrastait drôlement avec le cadre ambiant. Et si c’était elle qui en voulais
à ma peau ? Une folle furieuse à qui j’aurais arraché un frère, un père ou un
amant ? D’une manière ou d’une
autre, elle m’observait depuis quelques temps, de son regard brulant et
meurtris par des litres et des litres de larmes versées. Ou peut-être que ce
qui me fixait avec insistance et me rendait paranoïaque, plus que d’habitude,
était cette impressionnante statue tournée vers la fenêtre de mon antre. Qui
sait ?

Quoi qu’il en soit, je devais inspecter les lieux pour chasser l’impudent qui
avait osé pénétrer en ces lieux sans m’avertir pour profaner, saccager et
piller les magnifiques mausolées de marbres et de pierres taillées. Mes
vêtements s’étaient déjà imprégner de l’eau et il m’aurait été difficile, sinon
impossible, d’être mouillé d’avantage. Mais cette petite bruine légère avait eu
l’intérêt de me revigorer, de me redonner cette pèche qui me caractérise tant.
La pluie a toujours ce pouvoir de purger, à l’échelle d’un homme et celle d’une
ville entière. Alors qu’en me levant je donnais l’impression d’être un jeune
homme fringuant, je ressemblais enfin au zombi que les gens du quartier
connaissent et sur qui ils jettent des pierres en crachant et en invoquant le
Seigneur pour me foudroyer sur place. En bref, je me sentais mieux dans ma
peau. Prêt à en découvre avec les fourbes et les mécréants.

Cette fois encore, j’entendis des paroles au loin, mais encore incompréhensibles.
Pourtant, ils étaient si menaçant envers mon intégrité
physique et psychique que j’en eu froid dans le dos, terrifié. Tel un ninja, je
me dissimulais dans les ombres rassurantes des tombes qui jaillissaient du sol
comme de petites et guillerettes pâquerettes, coquelicot et autres tulipes. Je
me sentais comme une abeille butinant gaiement avant de fondre sur sa proie et
d’y planter son dard mortel. Une abeille ninja. En noir et blanc. En voilà une
idée pour Halloween ! Pour une fois je ne serais pas déguisé en PDG d’une
multinationale qui vient de chuter en négatif dans les cours de la bourse.


Étonnement, alors que je connaissais ces lieux dans
les moindres coins et recoins, j’étais bien incapable de mettre le doigt sur l’intrus
qui se riait de mon incompréhension et qui jouait en titillant la corde sensible
de mon esprit pourtant résistant comme de l’adamantium. A chaque détour d’une
tombe, je craignais qu’il ne me tombe dessus et m’arrache la tête comme pour me
décapsuler comme une bouteille de bière qu’on aurait secouée et qui déverserait
des flots de liquide cérébrale et de sang au goût d’alcool. C’était quelque
chose à essayer quand l’occasion se présentera, et nul doute que cela arrivera
sous peu si j’ai la chance de survivre à cette épreuve de survie en condition
extrême.


Faute de trouver un soulagement à mes questions
existentielles concernant mon avenir proche et décidant que cela n’avait, au
final, qu’une importance aussi mitigée que limitée, je convenais à abandonner
tout espoir et à revenir dans mes quartiers pour y poursuivre mon travail,
en employé consciencieux que je suis. Tester
les scalpels, les produits de conservation… Tout avait son importance. Dérouté
par mon incapacité à résoudre cette énigme, je plongeais les mains dans mes
poches en signe de mécontentement et affichais un air patibulaire en fronçant
les sourcils et en montrant les crocs. Mais chasser le naturel, il revient au
galop et sourd à mes protestations multiples, ma corde vocale se mis à vibrer
et mon corps à se balancer de droite à gauche dans une danse causasse.


I'm singing in
the rain
Just singing in the rain
What a glorious feelin'
I'm happy again…



Le parapluie mystérieusement apparu entre mes mains glissait d’une épaule à l’autre
en tournant sur lui-même comme une ombrelle aux airs d’ailes de chauve-souris
géante. Je chantonnais à tue-tête en dansant entre les tombes et en notant à
quel point le cimetière était agréable et silencieux quand il le voulait. Quant
à ma maisonnette, mon palais, ses quatre murs me rassuraient et me détendaient
à peine je les voyais. Je ne me sentais nulle part aussi bien qu’en son sein.
Mon petit paradis à moi, mon sanctuaire où nul n’oserait venir me troubler, un
seuil inviolé. Et tout ceux qui y entrer ou en sortait, le faisait les pieds
devant et généralement ils auraient été bien incapable de donner une
description des lieux. C’est à peine s’ils seraient capables de dire qui ils
sont, à vrai dire. Mais s’il y a bien une chose qu’on oublis jamais, jamais, c’est
l’utilité d’un hachoir, d’une machette ou d’une seringue longue d’une quinzaine
de centimètres remplie d’un liquide bleuâtre.


Quand soudain, mon monde s’écroula sur lui-même. Les ruines qui constituaient mon
univers se redressèrent sur leurs séants et le calme morbide qui y régnait
alors se métamorphosa en chaos digne d’une ou six gueules de bois consécutifs. Quelqu’un
avait osé. Personne ne m’y trompera, porte close ou pas. Une personne…probablement
mon futur assassin, venait de signer son arrêt de mort. Il était entre mes murs
où nul autre que moi n’est invité à se dresser debout maître de ses esprits.


Sans prendre le temps de me méfier du terrain accidenté, je courrais et trébuchais
dans les pans de ma robes qui, couvert de boue et de résidus organiques,
avaient multipliés son poids par cent soixante dix sept. Un fourbe nid de poule
se glissa sous mon pied gauche et m’incita à choir avec la grâce d’un polonais
ivre. Mais plus rien n’avait d’importance. Mon nez, écrasé, déversait un
important flot d’hémoglobine qui me redonnait un peu de couleur à la manière d’un
enfant qui donnerait un coup de pinceau salvateur sur le chef d’œuvre de l’artiste.



- Maudit sois-tu !


Enfin, ma main se posa sur la poignée en acier gravée en forme de tête de mort et la
porte pivota sur ses gonds dans un bruit digne d’un château fort. Prêt à me
mettre à genoux pour implorer la vie sauve, je pensais au fusil que j’avais
négligemment posé à côté de mes latrines. Damned. Pourtant, au lieu de trouver
un individu cagoulé au regard de braise et passionné par l’idée même de me
faire essayer mes nombreux instruments de…enfin bref… C’était une jeune fille
aux cheveux flamboyant et grelottante dans sa petite robe toute déchirée. Parfois
je me demande ce que j’ai fait dans mon ancienne vie pour mériter un tel
traitement…


- Je suis l’actuel maître des lieux, l’honorable…Pierre. Pierre Porte. Oui voilà, c’est ça. Puis-je vous demander la raison de votre visite impromptue et certainement embarrassante ?




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MessageSujet: Re: [Une Vodka à la Fraise - Jeu de claquettes sur ton tombeau] -[PV: Aloy']   Ven 2 Déc - 22:51

Porte de nouveau close. Ses petits doigts qui caresse la peinture craquelée. Patience. Ses lèvres qui soupirent, une fois, puis deux. Patience. Ses dents qui claquent, ses jambes qui dansent la fraicheur de la pluie, ses yeux qui roulent. Impatience. Max pouffa de rire, une fois puis deux. Ses mains se retirèrent lentement du bois usé, le caressant une dernière fois. La maison était donc vide. Un nouveau soupire. Ce n'était pas aussi amusant finalement. Max claqua la langue et se retourna lentement pour observer les lieux qui était assez insolite. Oui c'était le mot, insolite. La demoiselle s'avança lentement dans la pièce assez sombre, cherchant un interrupteur en espérant que cette vielle cabane possède l'électricité. Une lampe à huile? Une simple bougie? Un briquet? Son Zippo. Délicatement, toujours très frileuse, la demoiselle prit son brin de lumière pour se guider vers l'interrupteur. C'était sans doute pas une installation dans les normes, le courts-circuits et les sauts de tensions devaient aller bon train, cela ne faisait aucun doute devant l'aspect vieillot de l'interrupteur. Une honteuse, minuscule, faible plafonnier s'alluma et Max se mit à rire. C'était quoi cette soirée? La fatalité? La poisse? Le froid se faisait de plus ne plus présent, elle chercha des yeux une couverture ou un simple pull. Il n'y avait que des breloques tout aussi insolite que l'atmosphère complète qui se dressait devant elle. Max n'en revenait pas...

Visiblement il s'agissait d'un embaumeur, un croque-mort, l'undertaker de Tokyo. Les fioles aux couleurs bizarres, et sans aucun doute des odeurs assortie, les bocaux décoratifs contenant je ne sais quelle partie du corps, des instruments digne des plus beaux film de torture et de sang, des cercueils aux formes diverses et variées. Le format petit, si petit qu'on pourrait n'y mettre qu'un nourrisson. Ah c'était triste comme idée. Max soupira, bien que son sourire enjoué ne quitte ses lèvres. Notre scientifique n'en était que plus intriguée. Vous pensez bien lorsqu'on étudie la décomposition du cadavre de la voisine, du chat de la voisine pardon, à 10ans. On aimerait forcément rentrer dans le salon funéraire d'un croque-mort. Max venait d'un mettre les deux pieds. Un petit bonheur. Voilà qu'elle s'imaginait déjà les questions qu'elle pourrait lui poser, ce qu'il faisait de ses journées, comment pouvaient bien se passer les admissions. Lui? L'Undertaker de Tokyo. Ce genre de choses qui ne devraient pas intéresser une minette comme elle d'après les plus machiste.

Alors que la demoiselle se frottant les bras pour stimuler sa circulation et ainsi espérer un peu plus de chaleur, entendit la porte en face d'elle s'ouvrir dans un fracas monstrueux. Comme un réflexe humain et assez inutile, elle se recourba légèrement sur elle, se cachant derrière ses bras dénudés et tremblant. Il n'y avait aucun attaques finalement, rien.. Ce n'était qu'un homme. Enfin un bien étrange jeune homme je vous l'accorde. Lentement les mains de la douce descendirent du niveau visage pour lui offrir un champs de vision parfait. Max ne pouvait plus le quitter des yeux. Quel étrange spécimen d'improbabilité qui venait de se dresser devant ses yeux. Cet homme était beau, enfin il devait l'être, sans doute, peut-être, ou pas. Penchant un peu la tête, visiblement très troublée, elle l'écouta vaguement se présenter, sous un nom complètement impossible qui lui arracha un petit sourire, mais pas un mot. Avec douceur elle s'approcha de lui, remettant délicatement l'une de ses boucles pourpres derrière son oreille pour le regarder. Il était en conclusion générale, dans un plus mauvais état qu'elle après l'averse. Ce qui accentua son sourire délicat. Il semblait grand, un peu trop grand, une silhouette assez filiforme dans l'absolue, des yeux invisibles et des longs cheveux d'argent et de boue. Max adorait les cheveux longs mais les siens dépassait les limites du possible, si long. Elle se frotta un peu les mains soufflant dessus et finit sa course devant lui. D'un geste léger et hésitant elle vint essuyer le sang qui coulait de son nez légèrement relevé. Pourquoi l'avait-il laisser s'approcher de lui aussi prés? Pourquoi n'avait-il pas retirer son visage? Max ne savait pas mais dans un sens elle se sentait rassurée, elle essuya son doigt, maculant davantage sa robe et revint alors frotter ses bras avec vigueur, répondant enfin à son interlocuteur en rougissant un peu:

Je suis confuse vraiment, Pierre Porte. Je ne voulais pas vous importuner de ma présence. Je suis donc Max-Hell... Affirma-t-elle avant de claquer sa langue et de le saluer comme une princesse dans ses haillons complètement mouillés. Puis lorsqu'elle se redressa elle ajouta avec beaucoup de conviction et de sérieux.

Si vous voulez bien, quitte à vous appeler par un faux nom pierre, je préfère encore vous nommer l'Undertaker.. Undy. Oui c'est ça. Je vous nommerais Undy. Elle se pencha légèrement vers l'avant, dévoilant des formes assez plantureuses, son visage souriant irradiant toujours son bonheur. Bonheur? Oui je vous parle de bonheur, car notre petit bout de femme glacée était assez amusée de sa rencontre, elle pouvait encore voir le torse du jeune homme se soulever pour reprendre son souffle discrètement. Elle pouvait l'imaginer se précipiter jusqu'à la porte pour voir ce qui se passait dans sa cabane. Après tout elle avait allumé la lumière lui offrant sans doute des ombres aux vitres poussiéreuses. Aux vues de la trace sur son étrange manteau gris, la chut avait dû être lourde et boudeuse, en témoigne davantage son nez et la boue qui pouvait maquiller son visage. Quel étrange jeune homme.

C'est pas mal Undy vous ne trouvez pas? Moi j'aime bien... Encore ce sourire sincère et amusé, elle tendit la main de nouveau vers son visage. J'espère que ce n'est pas trop grave, c'est que vous perdez beaucoup de sang, pour peu que votre nez soit brisé.. Elle caressa doucement sa joue, se perdant dans l'admiration impudente des lignes qui formaient son visage. Oui elle avait toujours l'oeil pour cela, il était un très bel homme. Un petit croissant de lune attendrit. Comme se serait dommage, vous semblez être très beau sous votre maquillage de commando. Pourquoi êtiez-vous dehors par un temps Pa-pa-pa.. Et voilà que la poupée lui éternua sous le nez, bien qu'il soit plus grand qu'elle, elle était affreusement mal à l'aise, elle recula d'un pas, se prenant les pieds dans un cercueil d'acajou à la décoration de velours mauve et se rattrapa de justesse à son bras, éternuant de nouveau.

Je suis vraiment désolée... je suis congelée.. je répondrais à vos questions après.. mais aidez-moi... Un petit sourire de nouveau. Le flot de paroles qui venaient de fuser du bout de ses lèvres "cadavériquement" violette sous le froid, s'arrêta enfin. D'un geste maladroit, elle relâcha la manche de son sauveur et remit de nouveau l'une de ses mèches carmines en place derrière son oreille, éternuant pour la énième fois, se frottant les bras. Il faisait de plus en plus froid ici, non?
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MessageSujet: Re: [Une Vodka à la Fraise - Jeu de claquettes sur ton tombeau] -[PV: Aloy']   Ven 16 Déc - 4:22